Publié dans Artiste de la Semaine

HEMLEY BOUM « L’exemplarité se perd, mais les jeunes ne doivent pas renoncer et doivent poser des actes »

Née à Douala, Hemley Boum a sillonné le continent d’Est en Ouest pendant 12 ans pour finir par s’installer en France en 2009. Un parcours qui a permis à cette ancienne commerciale en charge de grands comptes d’observer les relations qui s’établissent entre les hommes et les femmes dans la société africaine. Difficile d’imaginer cette spirituelle évoluer pendant sept ans dans le secteur du B to B. Hemley Boum semble flotter au-dessus du monde.

Si elle devait pénétrer la fiction, elle serait un narrateur extérieur : celle qui observe et raconte en restant neutre. Tout en « dévoilant son regard sur le monde avec impudeur, pour mieux rencontrer l’autre », avoue cette boulimique de lecture.

Hemley Boum dégage une sorte de force tranquille. La voix est posée, le flot de paroles pondéré, les mots sont choisis… Elle a ce goût de la langue, du style. Sa démarche est sociétale, sa forme de prédilection, elle, est romanesque. « Il me fallait éviter le discours prophétique, philosophique ou universitaire », concède-t-elle.

La littérature africaine doit être incarnée

Auteure de trois ouvrages au succès critique, elle prendra le temps avant d’accoucher de son premier opus, Le Clan des femmes en 2010. « L’étape, ce n’est pas la publication, mais l’acte d’écriture », confie celle qui a choisi de ne jamais renoncer.

Quand elle se rend au salon du livre pour démarcher, elle enverra son manuscrit à 30 maisons d’édition et n’essuiera que des refus avant que L’Harmattan ne la retienne. Puis l’édition La Cheminante, avec qui elle « entretient une très bonne relation ». Et publiera deux autres opus : Si d’Aimer (Prix Ivoire à Abidjan, 2013) et Les Maquisards (Grand Prix d’Afrique Noire, mention spéciale du prix Ethiophile, 2015, le prix du livre engagé, 2016).
« Il ne faut pas se décourager. Nous avons besoin d’écrivains afrodescendants. Nous ne sommes pas nombreux et encore moins nombreuses », clame celle qui souhaite que la nouvelle génération d’auteur.e.s ancre l’Afrique – les villes, les pays, les sociétés – comme les Noirs-Américains l’ont fait. « La littérature africaine doit être incarnée ».

C’est en découvrant la « littérature d’ailleurs » que naîtra cette envie de « raconter le monde en partant de soi », à l’instar de quelques grands pontes du genre : de l’Américain Philip Roth à « la mère en littérature des romancières afrodescendantes » Toni Morrison, en passant par les Russes Tolstoï et Dostoevsky, ou encore le Nigérian Ben Okri. Autant de références transversales, mais pas des moindres, qui lui ont fait prendre conscience de l’importance de raconter aux autres son propre univers. L’Afrique. Le Cameroun.

Raconter l’Afrique

Si elle a grandi dans une famille « très ouverte », un environnement « propice à l’épanouissement, auprès d’une mère bienveillante vis-à-vis de [sa] féminité (…) », Hemley Boum ne s’est jamais déconnectée de l’environnement extérieur. Dans ses ouvrages, elle « pointe du doigt la société patriarcale mais ne la juge pas, ne la stigmatise pas ». Les hommes ne sont pas en reste et subissent aussi « la pression sociale et familiale ».

« une femme peut faire tout ce qu’un homme fait si la société l’y autorise »

Souvent taxée de féminisme, elle est l’invitée de toutes les conférences liées à l’émancipation de la femme africaine. Un concept qui n’a, pour l’auteure, pas vraiment de sens en Afrique ni ailleurs. « Je suis éminemment concernée par toutes les problématiques féminines. Pour autant, s’inscrire dans un courant serait reconnaître des faiblesses à combler, or une femme peut faire tout ce qu’un homme fait si la société l’y autorise. La femme africaine souffre néanmoins de disqualification et a besoin que sa contribution à la société soit reconnue ».

Hemley Boum continue à raconter la relation entre le Cameroun et l’extérieur, la manière dont la société et la population évoluent. Consciente de « l’angoisse populaire » dont souffre son pays, mais aussi de son « énergie », elle compte sur la jeunesse pour que celle-ci continue à rêver. « L’exemplarité se perd, mais les jeunes ne doivent pas renoncer et doivent poser des actes ». Hemley Boum l’a fait… Reste à la nouvelle génération d’emboîter le pas !

Publié dans Afrique

La Nouvelle Génération D’Humoristes Africains Qui Cartonne En France

L’humoriste franco-ivoirienne Claudia Tagbo et le prometteur Ahmed Sylla, Franco-sénégalais de 27 ans ne sont pas les seuls à faire rire en France ! Coup de projecteurs sur d’autres talents afro-antillais en pleine ascension !

Fary : un humour aussi stylé que son look

Wil Aime : un artiste à part entière

Impossible de le caser dans une boîte. Réalisateur, acteur, vidéaste, comédien ? Ce jeune homme de 22 ans a plus de 3 millions d’abonnés sur Facebook. Sa devise : « Chaque détail compte ». Ambitieux et créatif, l’étudiant en mathématiques place des messages cachés et autres indices dans toutes ces vidéos. La musique n’est pas choisie au hasard, les noms des personnages signifient toujours quelque chose. Ses vidéos s’appellent « Le Génie », « Les liens du sang » un sketch inspiré de l’affaire Adama, le frère d’Assa Traoré, ou encore « Sortir de la friendzone »… 43 millions de vues ! Un succès qui dépasse les frontières.

Dycosh : l’humour de la double culture

Producteur de la websérie Barbershop (Saison 2 diffusée sur Canal +), Dycosh a toujours rêvé de devenir comédien. De son vrai nom Christian Nsankete, il lance sa chaine en 2014 fatigué d’écumer les castings. Le comédien de 28 ans, créatif et amusé par sa culture congolaise a imaginé un sapologue du nom d’Eli Kitengué dans une vidéo. Le début du succès !

Fadily Camara : ta copine préférée

Une présence scénique, un humour efficace et une énergie contagieuse ! Fadily Camara a tout ce qu’il faut pour s’imposer parmi cette nouvelle génération. Elle est la nouvelle pépite du Jamel Comedy Club et a déjà séduit de nombreuses personnalités comme Flora Coquerel . Décomplexée et féminine, elle n’a pas sa langue dans sa poche. Son premier one woman show est un carton !

Elhadj Gaye : un humour 2.0 validé

C’est la révélation de l’humour Internet. Snapchat, Instagram (plus de 790 000 abonnées) Facebook (860 000) ou encore YouTube, ce comédien est sur tous les fronts. Elhadj Gaye, 26 ans, s’inspire de sa vie de tous les jours, et en ce moment du Ramadan, pour faire rire et détendre les autres. Connu pour ses expressions devenues cultes « le dérangement » , « So quoi », « So comment », il poste des vidéos presque une fois par jour pour le bonheur de ses fans.

Ruby : Une comédienne pas comme les autres

Sa vidéo « Une Camerounaise ne se fait jamais larguer » l’a propulsée. Ruby, de son vrai nom Yvonne Akono, a réussi à s’imposer en mettant en scène des situations qu’on a (plus ou moins) tous vécus ! Avec beaucoup d’humour, des expressions camerounaises et une autodérision sans limite, elle fait rire toute une communauté métissée à seulement 24 ans. Aujourd’hui, Ruby va plus loin en essayant la scène !

 

Publié dans Cinema

WALLAY : LE VOYAGE INITIATIQUE D’UN JEUNE FRANÇAIS MÉTIS AU BURKINA

Wallay, ou l’histoire du passage de l’enfance à l’âge adulte d’un ado métis, sortira en salles le 28 juin prochain.

Ady – interprété par l’attachant Makan Nathan Diarra – a 13 ans. Il a perdu sa mère et vit seul avec son père dans une cité française. Insolent, il est envoyé au Burkina Faso – son pays d’origine qu’il ne connaît pas – pensant se voir offrir des vacances. Une fois sur place, l’ado est confié à son oncle, impressionnant patriarche, qui compte bien le remettre sur le droit chemin. Mais cet enfant métis, têtu et en quête d’identité, ne l’entend pas de cette oreille. Il fera malgré lui l’apprentissage de la vie.

Wallay, long-métrage signé Berni Goldblat, réalisateur de documentaires et spécialiste du Burkina Faso, s’inscrit dans la pure tradition du film initiatique. Le héros, plongé dans un village de Gao, un ailleurs élémentaire, un décor rural loin du confort de la société de consommation nourrie aux I-phones et aux baskets dernier cri, fera d’abord la découverte d’une nouvelle topographie. Avant d’appréhender un autre logos. Et de faire l’expérience de la sagesse, impulsée par les discours des différentes figures familiales auprès desquelles il évolue – sa grand-mère, son cousin – joué par le convaincant Ibrahim Koma également à l’affiche du thriller malien, Wùlu – , la voisine… -, mais aussi celle de l’ouverture à l’autre et de l’amour.

Sur fond de retour aux sources – l’approche ethnographique en moins -, Wallay montre le passage de l’enfance à l’âge d’homme avec tendresse, en teintant son récit d’universalité. Touchant.

Publié dans Afrique

L’Art Africain, Histoire Et Péripéties

Depuis un certain nombre d’années la question des objets d’art africains qui ont quitté l’Afrique légalement ou illégalement est devenu un sujet qui préoccupe les décideurs politiques et les professionnels du patrimoine culturel africain.


L’ART AFRICAIN

L’art africain a depuis peu pris sa place aux cotés des autres arts et traditions du monde.
Beaucoup a été écrit sur l’art africain et sur son impact sur les oeuvres de Picasso, Derain, Braque, Matisse et d’autres fameux peintres occidentaux du début du siècle passé.

En parlant d’art africain ici je parlerai essentiellement des arts d’Afrique noire qui sont d’une grande diversité et variété.

Les objets d’art africains les plus connus sont par exemple les fameuses terre cuite de la Culture Nok créés entre la seconde moitie de l’ère AV JC et le 3è siècle après JC dans la région actuelle du centre du Nigeria ; les Terres cuites de Djenné fabriquée entre le 11 siècle et le 15 siècle au Mali, les célèbres bronzes Igbo Ikwu au Nigeria de l’Est datée du 9 siècle, les objets de la cité sacrée de Ile Ife, les bronzes de Bénin city, pillés par les britanniques en 1897 qui ont permis au monde de mieux apprécier l’art africain.

Il y a également les masques et statuettes Bwaba, Bamana, Sénoufo et Baoulé de l’Afrique de l’ouest, les sièges royaux et les mesures d’or des Akan, les statuettes Fang du Gabon et autres masques et statuettes de l’Afrique centrale.

.Il y a également les masques et statuettes Bwaba, Bamana, Sénoufo et Baoulé de l’Afrique de l’ouest, les sièges royaux et les mesures d’or des Akan, les statuettes Fang du Gabon et autres masques et statuettes de l’Afrique centrale.

Ces pièces magnifiques ne sont seulement qu’une infime partie de l’achèvement de la culture et du raffinement de l’art africain.
Elles apportent une cinglante réponse à ceux qui ont longtemps considéré l’Afrique comme un continent sans passé et sans histoire artistique.

Mais ce que l’on appelle aujourd’hui art africain n’est pas seulement l’art pour les Africains mais est une manifestation profondément liée aux vies des peuples qui fabriquent utilisent ces objets.

L’art africain est une profonde relation entre l’expression esthétique, croyances religieuses, structure sociales, et les sentiments individuels.
Dans la société traditionnelle africaine, l’art est enraciné dans l’expression humaine.

DECOUVERTE DE L’ART AFRICAIN PAR LES OCCIDENTAUX

Les côtes africaines furent pour la première fois découvertes au 15 siècle par les Portugais qui organisèrent plusieurs voyages à la recherche de voies maritimes pour l’orient. Ils furent suivis au 16è siècle par les Hollandais, les Britanniques et les Français, qui ensemble avec les Portugais établirent des comptoirs commerciaux le long des côtes atlantique et de l’océan indien.

Au début les commerçants européens étaient intéressés par le commerce des esclaves.

Par la suite ces commerçants commencèrent à s’intéresser aux objets taillés en ivoire et firent des commandes auprès des artistes de Sierra Leone et de Bénin City.

Ces objets aujourd’hui appelés « ivoires afro portugaises » consistaient en des pots de sels, des cuillères et fourchettes qu’ils exposaient dans des cabinets de curiosité parmi d’autres objets exotiques.

En fait au premier contact avec l’Afrique les occidentaux ont tout de suite été frappés par les objets d’art africain mais pas toujours de façon positive car beaucoup d’objets ont été détruits, considérés comme étant des objets primitifs.

Les objets d’art africains ne furent cependant connus en Europe et en Amérique que durant la seconde moitié du 19 siècles. Les premiers objets à attirer l’attention du public européen furent les bronzes et les ivoires ramenés de Bénin city après l’expédition militaire britanniques de 1897.

L’apparition de la révolution industrielle créa un besoin d’importation de matières premières pour les usines en Europe et la recherche des débouchés pour les produits manufacturés. Les Européens qui en Afrique faisaient le commerce d’épices furent obligés de pénétrer à l’intérieur du continent pour acheter les matières premières.

Beaucoup de compagnies payèrent les services d’explorateurs pour ces missions. Durant cette période suivie par le partage de l’Afrique et la colonisation, beaucoup d’objets furent collectés par les explorateurs, les commerçants , les missionnaires et les administrateurs coloniaux et envoyés en Europe.

Ce n’est qu’à la fin du 19 siècle que l’art africain a commencé à faire l’objet d’investigation scientifique et ethnographique et des conservateurs très connus tels que l’allemand Félix von Lusban ont prêché la beauté et la force de l’art africain.

Au début du 20 siècle, l’art africain a été découvert par des artistes avant-gardistes en quête de nouveau mode d’expression se retrouvant au centre d’une révolution artistique occidentale.

Selon les versions de l’époque c’est en 1905 que le peintre Maurice de Vlamnick acheta une paire de statuette africaine dans un bar. Après bien d’autres artistes tels que Picasso, Matisse, Braque, Beton collectionnèrent les objets d’art africains. Et la suite fut l’influence de l’art africain sur les oeuvres de ces artistes avec l’apparition des formes cubiques.

Les musées occidentaux aussi commencèrent à collecter d’importantes collections d’art africain avec l’organisation d’expéditions scientifiques en ce 20 siècle. L’expédition scientifique le Paris Djibouti organisée par Michel Leris et Marcel Griaule en 1931 a par exemple profondément contribué à la découverte de l’étude des faits, croyances, organisation sociale des groupes tels que les Dogons, et les Bamana et la richesse de leur art.

Dans les colonies, les colonisateurs ont crée des institutions pour collecter les objets de la culture matérielle des peuples colonisés. Ainsi l’IFAN fut crée dans les colonies française, avec pour mission première de collecter des objets de ces peuples « barbares » à qui la France apportait la « civilisation ».

Des expositions nationales et universelles furent organisées ou des collections entières étaient transportées dans les métropoles occidentales avec par la suite la création des musées des colonies telles quelle MAAO, (aujourd’hui fermé), et Tervuren en Belgique.

COMMENT LES OBJETS ONT ATTEINT L’EUROPE ?

En plus des administrateurs coloniaux, les missionnaires ont aussi joué un grand rôle dans le transfert des objets vers l’europe.
Par exemple les premiers objets Sénoufo à atteindre l’Europe ont bénéficié de la complicité des missionnaires.

Un certain Massa s’est un jour proclamé prophète dans le pays senoufo et a demandé à tous les Senufo de jeter ou de brûler leurs objets d’adoration afin d’être convertis dans sa nouvelle religion. Beaucoup d’entre eux jetèrent ou brûlèrent leurs masques, statuettes et autres amulettes, qui par « enchantement » se sont retrouvés dans des musées Suisses grâce aux missionnaires présents et à un certain dealer nommé Emile Storer.

Apres les indépendances et la transformation des musées locaux en musées nationaux, les objets ont continué à quitter l’Afrique par le biais des valises diplomatiques, des cadeaux fait aux officiels européens en visite dans nos pays et par le vol et le pillage organisées par des officiels, responsables de musées et de certains membres des communautés villageoises.

En effet durant ces dernières années plusieurs milliers d’objets d’art furent volés des musées nationaux, des universités et directement des villages et des sites archéologiques, tels que des masques, des figures, des terres cuites, des mobiliers, et ont pris pour destination l’Europe et les Etats-Unis.

Selon Interpool le trafic illicite des objets d’art africains est estimé à près de 400millions de USD par an et cela ne fait que s’empirer.
Dans plusieurs pays les musées sont les premières cibles des voleurs.

Par exemple au Nigeria les musées sont fréquemment pillés par des voleurs avec la complicité de personnel de musée.

Par exemple en 1994 le musée de Ile Ife fut cambriolé pour la troisième fois dans la même année et des objets célèbres datant du 12 et 13 siècles dont des têtes en bronze d’une valeur de près 200 millions de DUS ont été emportés.
Dans certains musées les vols sont plus subtils ; les objets de valeur sont remplacés par des copies et vendus à l’extérieur.

Aujourd’hui il est difficile de trouver des objets de grandes valeurs dans certains de nos musées. Aussi quant les experts et les musées occidentaux veulent acheter des objets africains de valeur ils ne viennent plus en Afrique, ils savent ou les trouver en Europe et aux Etats Unis.

POURQUOI CES VOLS ET PILLAGES?

1. Indifférence des gouvernements

En Afrique tropicale les premiers musées ont été crées au début du siècle dernier par les colons portugais et britanniques; ils contenaient surtout des spécimen géologiques ou minéralogiques , dont l’étude devait permettre la mise en valeur des territoires ou des documents racontant l’histoire des premiers colons.

Lieux de mémoire, des musées, notamment dans les territoires anglais, sont érigés en hommage aux personnages importants de la nation britannique, et permettent ainsi de renforcer le lien entre la métropole et la colonie.

D’abord conçu comme un lieu destiné à favoriser la mise en valeur des territoires conquis et à célébrer la colonisation européenne, le musée devient, à partir des années 1940, un centre de recherches sur les cultures et l’histoire africaines, pour permettre une meilleure connaissance des peuples africains, et faciliter ainsi les politiques coloniales.

Défini essentiellement comme un lieu de recherche, le musée était dans les territoires français et belges, une mise en scène de l’ethnographie coloniale, fondée sur les divisions ethniques.

Apres les indépendances la plupart des musées coloniaux ont été transformés en musées nationaux. Mais les volontés affichés par les gouvernement dans la création de ces musées nationaux n’ont pas suivi car les gouvernements africains dans la majorité n’ont jamais su (ou voulu) mettre en place une politique muséale conséquente et adaptée aux conditions de nos pays.

Avant les indépendances beaucoup de ses musées étaient uniquement réservés aux occidentaux. Après les indépendances beaucoup de musées restent toujours réservés aux étrangers. Aucune transformation de fonds n’a été opérée pour changer le concept et le contenu des musées africains. Le musée est donc resté une institution étrangère dans nos pays.

La preuve est que plusieurs musées ont continué à être dirigés pendant longtemps par des expatriés après les indépendances.

2.La pauvreté

Les peuples africains n’accordent pas la même valeur monétaire à l’objet d’art autant que les occidentaux. L’art chez l’Africain est sacré ou utilitaire.

Avec les différences famines et les conditions difficiles de survie, les populations ont commencé à vendre sous l’instigation de dealers tout ce qu’ils pouvaient vendre. Egalement beaucoup d’employés de musées se retrouvant sans salaire ou avec des salaires de misères n’hésitent pas à vendre des objets pris dans les collections à des visiteurs indélicats.

Aujourd’hui les paysans délaissent leur champ pour aller creuser dans les sites archéologiques au Mali, au Niger, au Nigeria et ailleurs. L’Ethiopie essaye difficilement de protéger son patrimoine religieux, au Kenya et en Tanzanie les Vivango post mortuaires sont volés sur les tombes.
Ainsi l’approfondissement de la pauvreté en Afrique a transformé les habitudes poussant les détenteurs d’objets à brader une partie de leur patrimoine.

3. Les guerres

Les guerres civiles et ethniques dans nos régions ont favorisé le pillage systématique des musées et des sites archéologiques, comme ce fut le cas au Liberia, Sierra Léone, au Nigeria, au Congo en Somalie, etc. .
Des soldats mal payés pillent systématiquement les musées et les objets volés se retrouvent plus tard dans des collections en Europe et aux Etats Unis.

4. Valeur de l’art africain

Longtemps considéré comme un art primitif et sans objet, aujourd’hui l’art africain se reconnaît dans sa valeur intrinsèque. Cela se remarque par la création à l’intérieur des grands musées occidentaux de sections réservées à l’art africain.

Le British Museum, le Musée de Tervuren, le Metroplitan Museum of Art de New York, Le Musée d’art africain de la Smithsonian, et aujourd’hui le Louvre pour ne citer que ceux là, ont chacun une section consacrée à l’art africain.

Ces prestigieuses institutions ont donné une certaine valeur à l’art africain, développant ainsi un réseau plus intéressé de collectionneurs d’art et des dealers prêts à tout pour enrichir leur collection et satisfaire leur clientèle.

Les gouvernements ont essayé de mettre fin à ces trafics en créant des lois réglementant la sortie des objets d’art. Mais cela n’a pas arrêté le trafic illicite et le pillage car les législations sont soient incomplètes ou même violés par ceux là même chargés de le faire respecter. Par ailleurs, les agents de sécurité (police, gendarmerie, douane) ne sont pas suffisamment formés pour faire face à ce trafic.

En plus des actions des gouvernements d’autres actions sont menées sur le plan international pour endiguer le fléau. C’est ainsi que l’on peut citer entre autre la Convention de l’UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour empêcher et interdire l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.

Depuis l’adoption de cette convention seulement près de 80 pays l’ont ratifié.

Les Etats-Unis est l’un des grands pays à avoir ratifié la Convention de 1970 et travaille à son application. Le Mali est à ce jour le seul pays africain à avoir soumis une demande officielle de protection de son patrimoine culturel au gouvernement américain.

L’action de l’ICOM dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels se concentre principalement sur les aspects international, non gouvernemental et professionnel du problème.

L’ART AFRICAIN: Définition, Objets, Cotes…

L’art africain traditionnel, qui fut aussi appelé « art nègre », se subdivise en une multitude d’arts locaux.
Les musées internationaux ayant longtemps négligé l’art africain, de ce fait la plupart des chefs-d’œuvre sont entre les mains des collectionneurs privés et des marchands, et certains d’entre eux ont réalisé depuis les années 1980 de véritables fortunes.

Après les diverses indépendances, beaucoup d’Européens étaient rentrés en Europe avec souvent d’importantes collections et peu à peu, leurs collections ont alimenté les marchés aux puces et les ventes aux enchères.

Objets

La diversité plastique de l’Art africain traditionnel montre une prodigieuse imagination et une intensité magique, révélant l’omniprésence du sacré – qui fascina quantité d’artistes et collectionneurs occidentaux au XXe siècle dont André Breton – et des rites complexes : cérémonies où se jouent la définition du pur et de l’impur, la perpétuation de la lignée, la légitimation des alliances, la force et la cohésion du clan.

La véritable passion de l’art africain se doit dans certains cas de respecter l’objet dans son intégralité, ce qui signifie donc par exemple d’accepter l’existence – sans se laisser impressionner – d’une couche de sang séché (croûte sacrificielle) recueilli au cours des sacrifices rituels. Aux dires des collectionneurs les plus passionnés, les traces laissées de leur utilisation confèrent à ces objets une puissance magique ou esthétique que les autres ne possèdent pas.

Parmi les objets usuels africains on peut aussi trouver des objets artisanaux tels que des poulies, des serrures de grenier, des échelles, des calebasses pyrogravées et des armes, des objets personnels (poupée de maternité, fétiche), mais aussi des objets comme des statues décoratives sculptées pour les villas des blancs dans les années 1950 et 1960, ou comme enseignes naïves des boutiques.

Ces objets sont des «faux» pour les puristes et les «ethnos» qui les méprisent, mais ces pièces, aujourd’hui patinées par le temps, se révèlent des choses, souvent très belles et très touchantes, d’un art réellement populaire, témoin d’un temps aujourd’hui révolu. Par exemple les statues dites «colons» représentent le «colon», l’homme blanc vu par l’homme noir, et sont souvent des statues pleines d’humour et de drôlerie (casque colonial, pistolet à la ceinture, mains dans les poches).

Cependant les faux d’aujourd’hui font des ravages, car dans de nombreux villages africains les artisans sont passés maîtres dans l’art de patiner le neuf, d’autant plus que selon les experts il devient impossible de retrouver aujourd’hui une œuvre majeure sur le continent. Tout est déjà en Europe, chez les collectionneurs (comme le bruxellois Willy Mestach), dans les familles d’anciens colons ou en Amérique dans les musées.

Trouver un objet rituel étant devenu rarissime, il y a de nombreux vols concernant ces objets, liés à la découverte de cet art primitif. D’autre part, de nombreux «rabatteurs» écument les villages de brousse les plus éloignés pour inciter les villageois à leur vendre leurs objets usuels comme les statuettes, les masques ou les poupées.

Lors de la mode des échelles de grenier Dogons, à la fin des années 1980, les antiquaires africains raflèrent toutes les échelles des villages et saturèrent le marché parisien, ils firent la même chose pour les serrures Bambaras. Dans les années 1990, des trafiquants volèrent des centaines de waka, des stèles funéraires de bois sculpté, placées sur les tombes des chefs de clans Konso.

Les gouvernements africains de leur côté laissent faire car ils ne manifestent pas beaucoup d’intérêt pour le marché de l’art africain et même le boudent, alors qu’une résolution prise par l’UNESCO interdit, depuis le début des années 1990, de faire sortir masques et statues du continent africain.

Mais dans les faits, ni l’UNESCO, ni les gouvernements africains ne disposent des moyens d’endiguer l’hémorragie et de protéger ce patrimoine. De plus certaines critiques se sont élevées contre une telle mesure avec comme argument de dire : « Rien n’interdit aux Européens, aux Américains ou aux Japonais de vendre leurs œuvres à l’étranger ou d’en acheter. Pourquoi ce droit serait-il interdit aux Africains ? ».

L’Afrique reste cependant un gisement artistique naturel d’importance majeure, car d’un bout à l’autre de ce vaste continent il existe des milliers de tombes millénaires contenant encore des dizaines de milliers d’objets à découvrir.

Quelques musées africains, dont les États n’ont pas les moyens ni la volonté d’entreprendre des fouilles, tentent de s’organiser et de proposer aux marchands des fouilles mixtes ou conjointes avec comme but de conserver les pièces les plus exceptionnelles et au moins de pouvoir être intéressés aux ventes des objets collectés, afin d’avoir les moyens de mettre en œuvre une véritable politique d’acquisition.

Aujourd’hui l’art africain est une mine inépuisable d’inspiration pour les créateurs qui le réinterprètent mais « hors de son milieu, retiré de son contexte, non seulement géographique mais aussi social, l’objet perd son identité culturelle. (…) De la panoplie du « colonial » au mur du « collectionneur » associé aujourd’hui à l’art contemporain, on tend à oublier la relation de l’objet africain avec son milieu d’origine, faisant abstraction de l’évidente implication ethnologique ».

Cotes:

Dans les années 1950, on pouvait trouver de nombreux objets au prix de 10 francs sur les marchés aux puces d’Europe. Les premiers objets à prendre de la valeur furent ceux du Bénin car ils étaient en bronze, puis vint la mode des objets à patine noire de Côte d’Ivoire, et ceux des Bakota du Gabon plaqués de cuivre et de laiton.
Les grandes statues valaient plus chers que les petites, alors que le plus souvent en Afrique, si elles sont petites c’est pour pouvoir les cacher plus facilement car elles ont une importance particulière.

En 1983, un marchand parisien, Jean-Michel Huguenin, fait découvrir les sièges Sénoufo.

En 1985, un autre marchand parisien, Réginald Groux, découvre les échelles de greniers Dogon – provenant de la falaise de Bandiagara – et Lobi dans la région de Mopti (Mali). Il acquiert un premier lot de cinquante, leur fait ajouter un socle et les vend dans sa galerie en faisant un joli profit. Au total il vendra plus de deux cents de ces objets bicentenaires.

En 1990, un autre marchand parisien, Maine Durieux, fait découvrir les fers forgés des Bambaras (figurines de 10 cm). Toutefois, si certains objets atteignent depuis quelques années des cotes importantes pour des raisons largement spéculatives, la plupart restent à un prix très abordable (quelques dizaines ou centaines d’euros), même lorsqu’ils sont anciens.

Statue de reine Bangwa (Cameroun), 3,41 M.$, Sotheby’s New-York, avril 1990.
Grand Byeri de Chinchoa (Gabon), 2,5 M.FRF, Drouot Paris, juin 1990.
Statue féminine d’ancêtre Bambara, 900 000 FRF, Paris, décembre 1990.
Masque Mukuye Punu (Gabon), 617 142 €, juin 2004.
Plaque du Bénin (vers 1580-1620), 503 250 €, juin 2004.
Plaque du Bénin du XVI-XVIIe siècle, 691 200 €, décembre 2004.
Masque Ngil de culture Fang (Gabon), haut de 48 cm, en bois, représentant un visage stylisé peint en blanc au kaolin, 5,9 M d’euros (avec les frais) le 17 juin 2006, Drouot Paris, devenant ainsi l’œuvre d’arts premiers la plus chère jamais vendue au monde.
Statuette dogon représentant un cavalier, 85 000 €, 2007.
Tabatière tschokwe du XIXe, 25 000 €, 2007.
Statue-reliquaire nkisi, 145 000 €, 2007.
Statue de femme Sénufo, 72 750 €, Sotheby’s Paris, juin 2008.
Statue Yoruba, Mère à l’enfant, 450 000 €, 53e foire des Antiquaires de Bruxelles, janvier 2008.
Figure d’ancêtre royal masculin Bangwa du Cameroun, 1 017 000 €, Christie’s Paris, décembre 2009. Cette figure « est généralement considérée comme le compagnon de la célèbre Reine Bangwa ayant appartenu à Helena Rubinstein et aujourd’hui dans les collections du Musée Dapper à Paris ».
Masque Songye (RDC), 793 000 € (4 fois son estimation), Christie’s Paris, décembre 2009.
Siège royal Luba à cariatide agenouillée, attribuée au maître de Buli, 5,44 millions d’euros, novembre 2010.
Cultures africaines:

Culture akan, akye, atye (Côte d’Ivoire / Ghana), têtes hiératiques, statuettes.
Culture anang, sous-groupe ibibio (Nigeria), masques.
Culture ashanti, achanti, asante (Ghana), statuettes.
Culture bafo, fo (ouest du Cameroun), statuettes.
Culture baga (Guinée) / Guinée-Bissao), statuettes, masques.
Culture bambara, bamana (Mali), statuettes fétiches, masques, figurines en fer forgé, serrures de greniers et statues.
Culture bamoun, bamileke, mbalekeo, mileke (Cameroun), statuettes, masques.
Culture bangwa (Cameroun)
Culture baoulé (Côte d’Ivoire), statuettes fétiches, masques, frondes, métiers à tisser, volets de case.
Culture bassa (Liberia), statuettes, masques.
Culture bemba, awemba, ayemba, babemba, wabemba, wemba (Zambie / République démocratique du Congo), statuettes, masques.
Culture Bena-Kibeshi sous-groupe songye.
Culture bete (sud-ouest Côte d’Ivoire), statuettes, masques.
Culture bijago, anaki, bidjogo, Bissagà (Guinée-Bissao), statuettes, têtes d’animaux.
Culture biombo (République démocratique du Congo), masques.
Culture boa, ababoa (République démocratique du Congo), masques.
Culture bobo, bobo-fing, bobo-oulé, boua, bouaba (Burkina Faso / Mali), statuettes et têtes d’animaux, cimaises.
Culture boki (Nigeria), cimiers.
Culture boulou (Cameroun / Gabon), statuettes.
Culture boyo babuye, basikasingo, buye, wabuye (République démocratique du Congo), statuettes.
Culture chamba, camba, tchamba, washamba (Cameroun / Nigeria), statuettes.
Culture chokwe, jokwe, tschokwe (Angola / République démocratique du Congo / Zambie), statuettes, masques, sièges.
Culture dan, geh, gio, grebo, we, yacouba (Côte d’Ivoire, Liberia, Guinée), masques, statuettes, cuillères.
Culture Ndengese, bonkese, dekese, ndengese (République démocratique du Congo), statuettes.
Culture djimini (Côte d’Ivoire), masques.
Culture dowayo du Cameroun, statuettes.
Culture dogon, habbe, kado, kibisi, tombo (Mali), statuettes fétiches, tabourets, échelles de grenier, portes.
Culture douma, adouma, badouma (Gabon, région de l’Ogooué), masques multicolores.
Culture ejaghem, ekoi (Nigeria / Cameroun), statuettes, têtes.
Culture eket, sous-groupe ibibio (Nigeria), statuettes.
Culture eve ewe, krepi (Togo / Ghana), statuettes.
Culture fang, mpangwe, pahouin, pamue (Gabon / Cameroum, Guinée équatoriale), têtes Byieri, reliquaires, armes de jet.
Culture fanti, agona (Ghana), statuettes.
Culture geh, sous-groupe dan (Liberia), masques.
Culture goma, homa (Ghana), statuettes.
Culture gouro, gwio, kweni, lo, lorube (Côte d’Ivoire), masques.
Culture gourounsi, grushi, jaman (Burkina Faso, Ghana), têtes.
Culture grebo, sous-groupe dan (Liberia), masques.
Culture guere, sous-groupe we
Culture hemba (République démocratique du Congo), statuettes, têtes.
Culture ibedji yorouba (Nigeria), statuettes fétiches, coupes.
Culture ibibio (Nigeria), têtes.
Culture ifé (Nigeria), têtes de souverain, masques de bronze, reliefs.
Culture igbo (sud-ouest du Nigeria), statuettes, masques, têtes.
Culture idoma (Nigeria), statuettes, masques.
Culture ijo (Nigeria), statuettes.
Culture kasai
Culture kirdi (Cameroun), boucliers.
Culture kissi (Guinée et Sierra Leone), statuettes.
Culture koma, mossi, lobi (Ghana), masques.
Culture kongo, bakongo, bashikongo, kakong (République démocratique du Congo / Angola / Congo-Brazzaville), statuettes
Culture konso (Éthiopie), Waka, stèles funéraires de bois sculpté.
Culture koro (Nigeria), statuettes féminines.
Culture kota, akota, bakota (est du Gabon), statuettes, reliquaires, armes de cérémonie.
Culture kouba, bakouba, bushongo (centre de la République démocratique du Congo), masques, têtes, tapisseries, appuie-huques et cuillères sculptées.
Culture koulango, pakala (nord-ouest de la Côte d’Ivoire), statuettes.
Culture kouroumba, fulse (nord du Burkina Faso), têtes d’animaux.
Culture kusu, bakousou (sud-ouest de la République démocratique du Congo), statuettes.
Culture kwele, bakwele, bekwil, ebaa, kouele (Cameroun / Gabon / Congo-Brazzaville), têtes.
Culture kwese, masques.
Culture landoma, landouman (Guinée), masques d’animaux.
Culture lega, balega, rega, walega, warega (est de la République démocratique du Congo), statuettes, masques.
Culture lele, bashileele, bashilyeel, leele, shilele, sous-groupe kouba (République démocratique du Congo), masques.
Culture lengola, balengola, mbole, metoko, yela (République démocratique du Congo), statues.
Culture ligbi (Côte d’Ivoire et Ghana), masques kpelie et yangaleye
Culture lobi (Burkina Faso / Côte d’Ivoire / Ghana), statuettes fétiches, sculptures sacrificielles bicéphales.
Culture louba, balouba, kalouba, urouwa, walouba, waroua (sud-est de la République démocratique du Congo), statuettes, masques (masques kiwebe), peignes.
Culture lula (République démocratique du Congo), masques.
Culture lulua, bashilange, bena lulua, bena luluwa, bena moyo, luluwa, shilange (République démocratique du Congo), statuettes, masques.
Culture lumbo (sud et sud-ouest du Gabon), statuettes.
Culture lwalwa, balualua, balwalwa, lwalu (République démocratique du Congo / Angola), statuettes, masques.
Culture lwena, aluena, lovale, lurale, wena (République démocratique du Congo / Zambie), statuettes, masques, peignes.
Culture maasaï, masaï (Kenya / Tanzanie), lances.
Culture mahongwé, hongwe (Gabon), reliquaires.
Culture makondé (sud-est de la Tanzanie / nord-est du Mozambique), « masque de ventre » féminin porté par les danseurs masculins.
Culture malinké, wangara, wasulunka (Mali / Guinée / Côte d’Ivoire / Sénégal), masques.
Culture mama, katana (nord du Nigeria), têtes d’animaux.
Culture mambila, katana (Cameroun / Nigeria), statuettes.
Culture mangbetu, guruguru, mangutu, monbouttous, mongbutu, ngbetu (Cameroun / Nigeria), statuettes.
Culture mano (Liberia / sud de la Guinée), masques.
Culture marka, warka (Mali / Burkina Faso), sous-groupe Mandé, masques.
Culture mau (Côte d’Ivoire), sous-groupe Mandé, masques.
Culture mbagani (est de la République démocratique du Congo), sous-groupe Mpasu, statuettes, masques.
Culture mbete, ambete, mbede (République démocratique du Congo / est du Gabon), statuettes, vases.
Culture mbuun
Culture moba (Togo), statuettes.
Culture mossi (Burkina Faso)
Culture nkisi (République démocratique du Congo), statuettes fétiches à clous.
Culture nok (Nigeria), têtes.
Culture nyamwézi (Tanzanie)
Culture punu (Nigeria)
Culture pygmée, pongos (pagnes d’écorces battue aux dessins compliqués, rythmés et fantasques).
Culture sénoufo (Côte d’Ivoire, Mali), statuettes fétiches, ses sièges.
Culture songye (République démocratique du Congo), statuettes fétiches, ses masques et ses boucliers.
Culture tschokwe sous-groupe chokwe (Angola), sceptres.
Culture tsogho (Gabon), masques.
Culture turkana (Kenya)
Culture we, nguere wobo, kran (Côte d’Ivoire / Liberia), masques
Culture wobo, sous-groupe we
Culture yaka (Congo), frises de scarifications.
Le Musée du Quai Branly

Un continent entier à portée de regard…

Le musée du quai Branly abrite l’un des plus importants fonds d’arts africains au monde, avec près de 70 000 objets en provenance du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de Madagascar.
Sur environ 1200 m2, le visiteur accède à un millier d’oeuvres d’une richesse et d’une variété exceptionnelles, pour la première fois réunies en un seul et même lieu, permettant ainsi une relation féconde entre les styles, les cultures et les histoires.


Élaborée à partir de 1999 par un groupe de travail réunissant des équipes du musée de l’Homme et du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, la muséographie des collections africaines propose deux approches au visiteur : un parcours géographique, qui invite à un voyage à travers le continent du Nord au Sud ; un parcours plus thématique,permettant de découvrir les oeuvres et de les envisager selon leurs usages et leurs techniques de réalisation.

Cette approche bénéficie d’espaces d’exposition particulièrement originaux: les nombreuses « boîtes » en saillie sur la façade nord forment autant de petits cabinets d’étude consacrés à une famille d’objets ou à un thème, la divination par exemple.

Plusieurs partis pris essentiels contribuent par ailleurs à faciliter l’appréhension des oeuvres et de leurs significations, l’histoire de la région concernée et celle de ses contacts avec les autres cultures. La contextualisation fait appel, sous forme de cartes, d’extraits de récits de voyages et sur des supports multimédia, à de très nombreux documents audiovisuels et photographiques.

les différentes facettes de l’Afrique septentrionale

Le parcours géographique des collections africaines débute par l’Afrique du Nord, avec un espace organisé en trois pôles. Le premier présente les arts citadins, à travers du mobilier et des broderies d’une grande richesse. Le deuxième s’intéresse aux arts ruraux, où prédominent les tapis, la vaisselle de bois, les poteries et les bijoux, avec de nombreux objets issus de la très méconnue culture berbère. Le troisième, enfin, est consacré aux arts nomades et à leurs liens avec les civilisations rurales et l’Afrique subsaharienne.

Des vitrines thématiques assurent la liaison et la transition entre ces pôles, où l’accent est mis, notamment, sur l’histoire et la préhistoire, l’expression du sacré (illustrée par des tablettes coraniques et hébraïques), le mariage, les mythes, les jeux…

voyage dans l’espace-temps subsaharien…

Le parcours continue avec les collections d’Afrique subsaharienne, dont le coeur est constitué par des oeuvres du Mali, de Côted’Ivoire, du Nigeria,du Gabon et du Congo. Deux transversales rassemblent dans cet espace les textiles et les instruments de musique issus de l’ensemble du continent et classés par techniques tout au long du parcours. La galerie principale est traversée par une grande séquence statuaire illustrant les multiples variations dans la représentation du corps que connaît cette région du monde. Parmi les autres temps forts de cette zone, la place donnée aux « sociétés des masques » ou à l’évocation de la mission Dakar-Djibouti conduite par Marcel Griaule et considérée comme le point de départ de l’ethnologie française. Les arts et cultures d’aujourd’hui sont aussi évoqués grâce au support multimédia proposant un dialogue entre passé et présent. Le parcours se poursuit par une troisième partie consacrée à l’Afrique équatoriale, centrale et australe, ainsi qu’à Madagascar. Les collections d’Afrique équatoriale sont particulièrement anciennes : à l’origine du musée d’ethnographie du Trocadéro, elles proviennent de missions célèbres, comme celles de Pierre Savorgnan de Brazza à la fin du XIXe siècle. Les collections d’Afrique centrale, orientale et australe ont fait l’objet d’une attention particulière en terme d’acquisitions. L’Ethiopie est présente au travers d’un ensemble rare de fresques rurales exceptionnelles de la région de Gondar, rapportées par Marcel Griaule. Cet espace fait cohabiter un christianisme très ancien avec les pratiques animistes.

Afrique occidentale

Burkina Faso et Nigéria


Les collections Afrique © musée du quai Branly, photo Nicolas Borel

Afrique centrale

Cameroun – Le Legs Harter

La collection léguée par Pierre Harter (1928-1991), médecin et grand spécialiste des arts du Cameroun, constitue une précieuse contribution au patrimoine du musée du quai Branly et occupe à ce titre une place privilégiée entre ses murs.
Le legs Harter comporte une cinquantaine de pièces -masques et sculptures- intéressantes, dont certaines s’avèrent exceptionnelles. La succession stipule par ailleurs que la collection ne peut être exposée que dans son intégralité : un espace lui a donc été spécifiquement consacré au sein du musée.

Musée du Quai Branly. Plateau des collections. Vue des collections africaines. Au premier plan, la statue de la Reine porteuse de coupe, Bamileke, Cameroun du legs Pierre Harter.

Les collections Afrique © musée du quai Branly, photo Nicolas Borel

Afrique australe, orientale et Madagascar


Les collections Afrique © musée du quai Branly, photo Nicolas Borel

Au fil des âges et des saisons, l’art africain a traversé le temps. Alors qu’il a pris sa source dans les arts traditionnels, l’art africain se positionne progressivement dans la modernité.

L’art africain est celui qui donne le plus de liberté aux artistes.
Depuis la nuit des temps, l’art africain s’est inspiré des traditions et des coutumes du continent. Éléments de vie, les arts traditionnels ont inspiré la vocation des artistes tout au long de leur pèlerinage vers la conception et la création de nouvelles formes. L’inspiration de l’artiste se crée à travers différentes manifestations.

Le regard d’un vieillard, le sourire innocent d’un enfant, les mouvements du sacré dans la nature. L’art se conjugue avec la beauté. Et, l’histoire des arts africains est inséparable de cette réalité. «L’art africain est un des plus étonnants au monde ! Riche en couleurs, en parures, en matériaux de toutes sortes, en textures inouïes, ses manifestions sont le fruit d’une spontanéité stupéfiante.

Les sentiments qu’il traduit ou qu’il incarne naviguent dans toutes les gammes émotives, de la souffrance à la splendeur, de la honte à la grandeur. Bijoux fabuleux, tissages magnifiques, masques extraordinaires, les merveilles de l’Afrique artistique sont à découvrir…», informait un site web.

Ces merveilles de l’Afrique sont uniques dans leur expression, dans leur dimension, dans leur source d’inspiration. En Afrique, toute oeuvre artistique véhicule un message, un concept, un mode de vie.

Au début du XXe siècle, l’art africain, par ses prestations, ses expressions, a influencé l’art moderne. Certains penseurs disent que cette donne est une réalité depuis la découverte de l’art nègre.

Plusieurs théories ont influencé la définition de l’art sur le continent. A l’occasion des cent ans de littérature, de pensée africaine et de réflexion sur les arts africains, Babacar Mbaye DIOP, dans une analyse sur les théories de l’art africain disait : « Pour nous, la représentation du beau est la seule explication possible de la création des formes qui ne sont pas nécessaires à l’objet pour remplir sa fonction. Pourquoi un artisan embellirait-il le contour d’un objet s’il n’a pas pour objectif de le rendre agréable à regarder ?

Si donc les artistes de l’art africain traditionnel vont au-delà des formes essentielles pour l’instrumentalité de l’objet, c’est parce qu’ils ont un souci de qualité visuelle. On ne peut donc pas continuer à affirmer que l’intention esthétique des artisans africains et l’impression esthétique des observateurs sont limités aux instruments utilitaires et rituels.» L’art est un ensemble.

Orienté vers le futur

Les arts africains, se positionnent comme des réalisations tournées vers le futur.
L’avenir appartient aux arts qui traversent le temps et se perpétuent de génération en génération. Cette option vers le futur est l’une des clés de la réussite des collections africaines.

Dans les domaines de la peinture, des masques, des objets d’artisanat, la beauté prend le dessus sur le vécu des populations.
Il est rare de nos jours de voir des objets d’art réalisés dans le but de procurer la divinité, de conjurer le mauvais sort ou de perpétuer une tradition. Les manifestations artistiques foisonnent ; le réalisme aussi, dans la quête du bénéfice, de la rentabilité, de la survie. On a connu en Afrique des objets d’art dotés de pouvoir mystique.

On se rappelle de la fameuse statuette qui procurait aux femmes le pouvoir de vaincre la stérilité. Dérobée par des trafiquants d’objets d’art et vendue dans une métropole, il a fallu des années de lutte et de concertation pour ramener cette statue à son lieu d’origine. Ainsi, la tradition des arts africains s’inspire des sources de vie, d’actions et de comportements des ancêtres africains.

On le sait, les différents peuples d’Afrique sont regroupés par régions, par groupes ethniques, en fonction de la géographie. Selon nos informations, « en savane d’Afrique occidentale, on découvre un panorama de toute beauté en matière d’art traditionnel avec les créations des Dogon ou encore des Tamberma. Ces peuples habitent les savanes du Mali, du Burkina et du Nord-Togo.

Chez les Dogon par exemple, la structure du village a une forme humaine. Elle se divise en différents secteurs représentant le corps humain. La tête du village correspond à la case des hommes ; les cases des chefs se positionnent dans la poitrine ; les mains représentent les cases des femmes ; les parties génitales, le mortier et l’autel, et les pieds, les tombes.»

La dimension de l’Afrique, sa pluralité, sa sacralité se reflètent dans son art.
Les arts africains sont des témoignages d’histoires, de vie, de façons de faire qui ont transcendé le temps. Ils sont orientés vers le futur afin de créer avec les autres arts du monde la complémentarité d’un univers uni dans le sacré.

Comme le masque, l’art jalonne la vie de l’Africain.
Une vie faite de hauts et de bas, d’humilité et de modestie, de respect et de solidarité.

Publié dans Cinema

Innovation En Perspective pour la 21e Édition Du Festival Écrans Noirs

La 21ème édition du festival international du cinéma africain Ecrans Noirs se tient du 15 au 23 juillet à Yaoundé, et du 16 au 22 juillet à Douala. Les cérémonies d’ouverture et de fermeture se tiendront les 15 et 23 juillet au Palais des Congrès de Yaoundé. Douala, la capitale économique quant à elle, abritera uniquement les projections des films en présence des réalisateurs. L’une des innovations de cette 21ème édition, c’est l’espace consacré au Marché du Film d’Afrique Centrale organisé par l’Association Ecrans Noirs, en marge du festival.

«C’est une plateforme qui va désormais exister dans le cadre du festival Ecrans Noirs. C’est un marché qui concerne exclusivement les produits, les programmes et les projets de l’espace Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) (…). Nos objectifs sont multiples. Mais en résumé, notre rôle est de faciliter l’accès au marché international, les projets de cet espace. L’autre objectif est de rendre visible et accessible aux acheteurs (diffuseurs et distributeurs), le meilleur de la production cinématographique et audiovisuelle de l’Afrique Centrale (…)», indique Gérard Nguele, producteur diplômé de l’Ecole nationale supérieur des métiers de l’image et du son (La Femis, Paris), Directeur du Marché du Film. C’était au cours de la conférence de presse organisée le 7 juin 2017 à la Fondation Muna à Yaoundé. En plus du Marché du Film, le festival s’articule à travers des activités autour d’un colloque, des projections des différents films, des Masters Class, l’atelier d’écriture «10 jours pour un film», et des animations, expositions et activités diverses proposées dans le village du festival.

Les Ecrans Noirs ont été choisis pour la célébration du 25ème anniversaire de la télévision française TV5. Le festival rend également un hommage particulier à l’auteur et réalisateur Philippe Maury, le père du cinéma gabonais. L’auteur d’une vingtaine de films s’est donné la mort à l’âge de 81 ans, dans sa résidence de Libreville en juin 2016. Philippe Mory démarre sa carrière cinématographique en 1954 en France. C’est le premier africain à jouer un rôle majeur dans un film français. Sa carrière au Gabon commence en 1962 dans le film La cage sélectionné au festival de Cannes en 1963.

Créée en 1997, le Festival Ecrans Noirs, est une réalisation de l’Association Ecrans Noirs, de l’écrivain et réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio. Le festival a pour objectif la promotion et la diffusion du cinéma africain au Cameroun et en Afrique Centrale.

Publié dans International

VoxAfrica lance la saison 2 de The Voice Afrique Francophone

L’émission sera diffusée tous les samedis à partir du 14 octobre 2017 sur VoxAfrica et rediffusée sur les chaînes TV partenaires avec Orange comme 1er sponsor officiel.
Après une première saison exceptionnelle qui a réuni chaque samedi, pendant 5 mois, plus de 10 millions de téléspectateurs au Cameroun et 9 millions en Côte d’Ivoire, VoxAfrica lance la saison 2 du plus grand show musical télévisé d’Afrique francophone.

Les mélomanes pourront découvrir de nouveaux talents qui s’affronteront durant quatre mois jusqu’à la grande finale du 27 janvier 2018, précise le communiqué rendu public à cet effet. Le ou la lauréate aura la chance de succéder à Pamela Baketana, gagnante de la première saison, avec à la clé, un contrat chez Universal Music et la possibilité d’enregistrer un album.

The Voice saison 2, c’est 16 semaines de compétition, 4 jurés stars de la musique africaine et internationale et un maître de cérémonie charismatique. Tous auront pour mission de révéler la plus belle voix des candidats de 16 pays d’Afrique francophones (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée Équatoriale, Mali, Niger, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tchad, et Togo).

L’émission s’articulera autour de 16 épisodes dont 6 Auditions à l’aveugle, 4 Battles, 2 Épreuves ultimes et surtout 4 grands Shows en direct à partir du 6 janvier 2018.

La quête de la plus belle voix d’Afrique Francophone requiert la mise en place du dispositif exceptionnel suivant:

Du 1er juin au 23 juillet 2017: Recherche de talents dans 16 pays d’Afrique francophones

Du 15 juin au 15 juillet 2017: Castings sur internet

Les 29 et 30 juillet: Castings régionaux simultanés à Abidjan pour l’Afrique de l’Ouest et Douala pour l’Afrique Centrale

Cette deuxième saison de The Voice Afrique Francophone promet de belles surprises.

Publié dans Portrait de la Semaine

Gaétan Donfack, Un Artiste Polyvalent

Gaétan Donfack Noundjeu, est un artiste plasticien Camerounais originaire de la région de l’Ouest. Après un brillant cursus scolaire sanctionné par un Baccalauréat F4 obtenu au collège Albert Camus de Dschang, Gaétan décide de changer d’orientation et intègre l’Institut des Beaux Arts de Foumban, il en sort auréolé d’une licence professionnelle en Dessin et Peinture.

Gaétan n’en est cependant pas à ses débuts dans la profession artistique, quelques années auparavant il a fondé et présidé le Club Art Plastique du Collège Albert Camus. Une fois les connaissances académiques acquises, il se met en exergue à travers différenst stages et et atéliers, c’est le cas au Musée d’Art Contemporain de Bandjoun Station et l’Atélier Thoms Decore.

Portrait par Gaétan Donfack
Portrait par Gaétan Donfack

Le natif de Dschang se distingue naturellement par sa polyvalence. Peintre très apprécié, il n’en est pas moins habile sculpteur, ses oeuvres classées dans la catégorie art primitif suscitent un intérêt certains auprès du public grâce à leur originalité, symbole du talent qu’il regorge. Ses productions lui ont valu des participations à une dizaine de foires et expositions,  ( 3eme édition de l’exposition Artisanale du Noun, Exposition des tenues traditionnelles au troisième défilé de Kadij – complexe Mantum de Foumban, Exposition au Festival National des Arts et de la Culture à Yaoundé, pour ne citer que celles-là).

Sculpture Gaétan Donfack
Sculpture Gaétan Donfack

Au déla de la peinture et la sulpture, Gaétan Donfack est un accessoiriste convaincu.  Coliers, bracelets, boucles d’oreilles n’ont plus de secret pour lui. La particularité de ses parures réside dans sa capacité à personnaliser chaque objet. L’artiste sait aussi faire preuve d’une incroyable dextérité lorsqu’il s’agit de customiser des chaussures, une de ses grandes qualités.

Bracelet par Gaétan Donfack
Bracelet par GAétan Donfack

En 2016, Gaétan reçoit la distinction de meilleur Accessoiriste aux Awards IBAF. Traditionaliste par essence, l’enfant du Noun n’hésite pas à mettre en avant l’esprit de partage. C’est dans cette optique qu’il crée le groupe AJA ( Association des Jeunes Accessoiristes du Noun). Il organise par ailleurs des ateliers de formation payante en Accessoire, Peinture, Couture et Informatique.

Publié dans Afrique, Musique

MIMI MONGO OU FALLY IPUPA, QUI EST LE VÉRITABLE AUTEUR DU FAMEUX ELOKO OYO ?

De Mimi Mongo à Fally Ipupa, d’ou vient le fameux Eloko Oyo ?

Le phénomène Eloko Oyo de Fally Ipupa a pris de l’ampleur avant même la sortie du single. La star congolaise teasait déjà avec des mini-vidéos sur les réseaux. L’attente grandissante était alimentée par des stars congolaises comme Maître Gims et Dadju.

Le clip une fois sortie, les polémiques fusaient sur les médias sociaux remettant en cause la paternité de la mélodie qui était une reprise et une danse propre à l’ethnie Mongo (RDC).
Remettons les choses dans leur contexte, Fally Ipupa est lui même d’ethnie Mongo par conséquent il devait sans doute connaitre cet air folklorique, qui dès base n’a pas vraiment de paternité, vu qu’il était chanté lors de rituels et festivités villageoises. Cependant la généalogie de la chanson « commerciale » nous renvoie au moins à dix ans en arrière avec le controversé « Eloko Eleki Diamant » traduisez par « cette chose est comme le diamant (pour la femme) », car il permet d’obtenir de belles choses de ce monde. Avec le clip vous comprenez déjà de quoi il s’agit…

Avec Mimi Mongo, le décor était planté, très explicite et sensuelle, elle faisait l’apologie du sex-appeal féminin comme moyen de réussite. Avec un rythme langoureux, des paroles susurrées et la danse « Eteko ». Elle était considérée comme l’une des grandes voix du pays, Mimi s’exprimait souvent sur le cas des femmes et des réalités sociales. Elle serait décédée deux mois après le clip suite à une maladie.

En outre la version, la plus récente qui se rapproche le plus du titre de Fally c’est le « Visa Bomengo », traduisez par le « visa de richesse » , de Mabele Elisi, le porte-étendard du folklore Mongo de la province de l’Équateur.

« Eloko oyo » fait référence à la musique, ce fameux « visa » qui a remplacé les atouts féminins de la version de Mimi Mongo. On entend bien dans cette version Eloko Oyo – Musiki avec des références à Mimi Mongo ou encore Papa Wemba mais toujours avec la même mélodie. « Grace à la musique c’est possible de visiter le monde, d’asseoir une fortune et tout ce qui va avec la célébrité ». Il disparait brutalement à l’âge de 54 ans, le 10 Novembre 2002 après 43 ans de carrière musicale. Mabele Elisi avait réussi à imposer son style avec son groupe Super 8-8. Koffi Olomide, Werrason etc.. ont puisé dans ses créations pour enrichir leur musique.

« Cette chose là » est aujourd’hui reprise fièrement par Fally, pour la véracité des paroles et sans doute pour rendre hommage à son ethnie. Notons que le clip a été tourné dans la région concernée, avec les habits coutumiers respectifs.

Pourquoi ce clip cartonne ? D’une part parce qu’il a historiquement traversé les périodes. Une grande communauté Congolaise et Africaine se sent concerné par la sonorité et surtout la mélodie de base qui est belle et envoutante, sans oublier le déhanché « Eteko ». Résultat, le single a totalisé 5 millions de vues en moins d’un mois , jamais vu pour un artiste congolais. Malheureusement les auteurs des « titres originaux » ne sont plus de ce monde pour y bénéficier. Cependant les familles et les communautés concernées doivent être fiers du travail effectuer par Dicap afin de restaurer la culture.

Publié dans Musique

Tabos, Un Artiste Engagé

FOUEDJOU GUIMEKEU GERMAIN DU ROZIER, plus connu sous le nom de TABOS est un artiste musicien engagé originaire de l’Ouest Cameroun plus précisement de Bafou. Sa passion pour le chant remonte à la plus tendre enfance, période pendant laquelle il est bercé par la musique Jamaïcaine.

Après avoir imprimé sa marque sur différentes Kermesses organisées à Bafang, TABOS s’en ira poursuivre ses études au Lycée de Bépanda à Douala. C’est alors qu’il fait la découverte d’EBOA LOTIN, chanteur et guitariste émérite qui va complètement bouleverser sa vision du métier et devenir ainsi sa principale référence.

Au Lycée de Bépanda, l’artiste en herbe fait montre de ses talents de chorégraphe et fini par susciter l’admiration de ses camarades et enseignants. Mais Cela n’est pas du goût de son père qui pressent la distraction l’emporter sur les études. Afin de le préserver, il se résout à lui changer d’établissement scolaire une fois de plus. Mais rien n’y fera car TABOS, plus déterminé que jamais sera élu meilleur danseur de sa région lors des sélections de l’émission télévisée de variété Délire sur CRTV.

Quelques années plus tard, il constitue un groupe d’artistes interprètes nommé EBS, avec pour membres Elodie, Blandine et Tabos. Las de jouer l’interprète, TABOS écrit son premier texte en 2006 et sort l’année suivante un maxi single intitulé Cameroun Mon Pays. Mais faute de ressources financières suffisantes, il ne bénéficie d’aucune promotion. Cependant, l’artiste ne se décourage pas pour autant et multiplie les compétitions de chant et événements culturels dont le Fanta Hollidays Show, le concours Nestcafé révélation et remporte le prix du meilleur artiste Urbain organisé par la chaîne de Télévision ARIANE TV.

En 2008, il fait la connaissance du producteur Michel Docteur qui a l’ambition de former un groupe. TABOS est aussitôt intégré au projet et un album de 11 titres intitulé Clap les mains voit le jour. Mais cette aventure est de courte durée car le groupe se disloque peu de temps après. L’enfant de l’ouest poursuit sa carrière solo et décroche en 2017 le titre de meilleur artiste Afro de la région de l’ouest grâce notamment à son titre ILELELE AFRICA.  De par ses oeuvres, Tabos est un artiste musicien engagé qui milite pour une Afrique consciente.

Style : Musique Afro  Thèmes : thématiques existencialistes liées à l’Afrique.

 

 

Publié dans Légende

Sembène Ousmane, Figure Majeure de l’Afrique Contemporaine

Ousmane Sembène né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor au Sénégal, est un écrivain, réalisateur, acteur et scénariste majeur de l’Afrique contemporaine, connu pour ses aspects militants sur les questions politiques et sociales.

En 1946, il embarque clandestinement pour la France et débarque à Marseille, où il vit de différents petits travaux. Il est notamment docker au port de Marseille pendant dix ans. Il adhère à la CGT et au Parti communiste français. Il milite contre la guerre en Indochine et pour l’indépendance de l’Algérie.

En 1956, il publie son premier roman, Le Docker noir qui relate son expérience de docker. Puis en 1957 il publie Ô pays, mon beau peuple. En 1960, il publie un nouveau roman, les Bouts de bois de Dieu qui raconte l’histoire de la grève des cheminots en 1947-1948 du Dakar-Niger, la ligne de chemin de fer qui relie Dakar à Bamako. L’histoire se déroule parallèlement à Dakar, Thiès et Bamako sur fond de colonialisme et de lutte des cheminots pour accéder aux mêmes droits que les cheminots français.

En 1960, l’année de l’indépendance du Soudan français — qui devient le Mali — et du Sénégal, Ousmane Sembène rentre en Afrique. Il voyage à travers différents pays : le Mali, la Guinée, le Congo. Il commence à penser au cinéma, pour donner une autre image de l’Afrique, voulant montrer la réalité à travers les masques, les danses, les représentations.

En 1961, il entre dans une école de cinéma à Moscou. Il réalise dès 1962 son premier court-métrage Borom Saret (le charretier), suivi en 1964 par Niaye. Sembène revendique un cinéma militant et va lui-même de village en village, parcourant l’Afrique, pour montrer ses films et transmettre son message.

Le 9 novembre 2006, quelques mois avant sa mort, il reçoit, à la résidence de l’ambassadeur de France à Dakar, les insignes d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur de la République française.

Malade depuis plusieurs mois, il meurt à l’âge de 84 ans à son domicile à Yoff le 9 juin 2007. Il est inhumé au cimetière musulman de Yoff.

Sembène est auteur de plusieurs oeuvres littéraires auxquelles s’ajoute une abondante filmographie.

Romans
1956 : Le Docker noir
1957 : Ô pays, mon beau peuple
1960 : Les Bouts de bois de Dieu
1962 : Voltaïque
1964 : L’Harmattan
1965 : Le Mandat
1966 : Vehi-Ciosane, ou, Blanche-Genèse ; suivi du Mandat, Présence africaine, réed. 2000
1973 : Xala, Présence africaine, rééd. 1995
1981 : Le Dernier de l’EmpireNote 1.
1987 : Niiwam, suivi de Taaw, Présence africaine

Filmographie

Réalisateur et scénariste
Courts métrages
1963 : Borom Sarret
1963 : L’Empire songhay (documentaire)
1964 : Niaye
1970 : Taaw

Longs métrages

1966 : La Noire de…
1968 : Le Mandat (Mandabi)
1971 : Emitaï (Dieu du tonnerre)
1974 : Xala
1977 : Ceddo (+ acteur)
1987 : Camp de Thiaroye
1992 : Guelwaar
2000 : Faat Kiné
2003 : Moolaadé