Publié dans Chroniques

LES CHRONIQUES DE BITJOKA ELIANE

LA PERFORMANCE ARTISTIQUE

Le terme provient directement de l’anglais “to perform” dont il est la traduction littérale signifiant “interpreter”, la performance artistique se comprend donc comme une manière particulière de se mettre en scène.

La performance artistique est une tradition artistique interdisciplinaire née vers le milieu du XIXe siècle dont les origines se rattachent aux mouvements d’avant garde      (Dadaisme, futurisme…). C’est une action conduite par un artiste et est, par essence un art éphémère qui laisse peu d’objets derrière lui . C’est pourquoi la trace est gardée par les photographies et les livres. L’oeuvre performance s’inscrit dans le temps et non dans la matière. Dans l’occident des annees 50-60 du siècle dernier, l’art performance intervient dans un contexte de l’assimilation intellectuelle des tragedies de la seconde guerre mondiale ou l’insouciance de la société des consomations libère ainsi des aspirations émancipatrice du sujet qui se heurte à des cadres d’autorités traditionnelles ( familles, religions…) toujours puissantes.

Dans cette brèche se sont engouffrées des théories et des pratiques qui alertent sur le fait que les représentions , loin de contenter et de rendre compte du monde tel qu’il est, ont en meme temps pour éffet de produire ce monde lui même. De ce fait le post feminisme étaye ses théories du genre, par lesquelles le corps finit par être perçu comme produit de la culture.

Nombre d’artistes de la performance la plus contemporaine trouvent là un accélérateur vertigineux pour leurs approches. Le passage aux limites est alors une stratégie permettant d’ébranler les codes qui conditionnent la perceptions aussi bien du performeur que de son spectateur et cet engagement va jusqu’à la prise de risque la plus effective.

En 1971 dans “Shoot” Christ Burden est blessé quand il demande à un partenaire de lui tirer dessus avec une carabine il explique alors concevoir son art sur le mode d’un “travail d’enquete “. Plus tard en 1974 , il se fera cruxifier sur le toit d’une automobile.

Gina Pane procède dans “escalade non- anesthesiée “ pieds nus, à l’ ascention d’une échelle dont les barreaux portent des lame de rasoir qui entament sa chair en 1972. Dans “and for today nothing” Stuart Brisley s’immerge pendand 2h chaque jour dans une baignoire remplie d’un liquide noiratre ou flotte de la viande en putrefaction.

aujourd’hui on peut remarquer la prolifération des jeunes artistes se revendiquant de la performance , quelles que soient leurs filières disciplinaires respectives d’origine. A cet égard il ne manque pas de critiques pour craindre qu’on soit passé d’une transgression de l’académisme à un académisme de transgression. Il est dès lors permis de se demander si tout ailleurs que dans le seul chant de l’art, il peut s’imaginer une notion de performativité . Le fait de designer des éléments du monde recèlerait déjà une performativité , et en definitive le monde lui même serait à percevoir comme découlant du régime de ses représentations , avec tout ce potentiel performatif que ses representations et énnonciations recèlent.

BITJOKA ELIANE

Publié dans Littérature

À Lire « STAY WITH ME » Un livre de L’auteure Nigériane Ayobami Adebayo

Ayobami Adebayo est l’auteure de « Stay with me ». Une histoire qui explore le sujet tabou de l’infertilité dans les cultures africaines.

L’écrivain nigériane Ayobami Adebayo donne voix à deux personnages dans son livre Stay With me, présélectionné pour le Baileys Prize 2017 : Yejide, une jeune femme d’affaire et son mari Akin, un banquier prospère. Ce couple, fou amoureux depuis l’université, s’est promis de ne jamais accepter la polygamie. Mais après 4 ans de mariage – et des consultations, des prières chez différents pasteurs – Yejide n’est toujours pas enceinte. Privée de soutien familial et délaissée, elle doit en plus supporter sa belle-mère qui s’impatiente : « Les femmes font des enfants et si tu ne peux pas, tu es juste un homme. Personne ne devrait t’appeler femme. »

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Ce roman qui mélange amour et espoir, sacrifice et passion, met en scène le Nigeria des années 80 et le prix fort qu’une femme est capable de payer pour sauver son mariage. Tout comme le documentaire l’Arbre sans fruit d’Aicha Macky, Stay With me dénonce le regard que porte la société africaine sur l’infertilité. Si une femme ne peut donner d’enfant, elle est stigmatisée, parfois accusée de sorcellerie ou tout simplement répudiée. La faute retombe sur elle et son mari, s’il le souhaite, peut aller chercher une autre femme

 

Publié dans Brèves

AFRICA FASHION WEEK LONDON : DÉCOUVREZ LES TENUES !

L’Africa Fashion Week London s’est tenue du 11 au 12 août 2017. L’occasion de mettre en lumière des nouveaux créateurs africains.

Créée en 2011, l’Africa Fashion Week de Londres présente chaque année des créateurs et stylistes de la diaspora africaine. Pour l’édition 2017, qui avait lieu mi-août, 39 acteurs de l’univers de la mode ont pu, durant deux jours, exposer leur travail à la vue de tous. Adesegun George, Talansi ou encore Valerie Azinge, pour ne citer qu’eux, ont séduit avec leur collection colorée et intemporelle.

 

 

Publié dans Histoire

Comment Akhenaton a Révolutionné Les Arts Dans L’Égypte Antique

L’art égyptien traditionnel imposait des formes figées. Akhenaton a encouragé un réalisme destiné à mieux le glorifier.

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Le visage sévère et mystérieux d’Akhenaton (musée de Louqsor) se révèle dans l’une des rares statues non détruite. Découverte à Karnak, cette sculpture en calcaire aurait été enterrée sur l’ordre d’Akhenaton lui-même. Il modifiait à plusieurs reprises le style de ses portraits.

Le pharaon Akhenaton prend le pouvoir en 1353 av. J.-C., et rompt avec des siècles de tradition. Pendant ses dix-sept années de règne, il impose de nouveaux styles artistiques et architecturaux, et célèbre le dieu soleil Aton, aux dépens des anciennes divinités.

Son père, Aménophis III, avait déjà amorcé une nouvelle ère d’expression artistique plus naturaliste. Traditionnellement, l’art égyptien antique figurait les personnages dans des attitudes figées reflétant les rôles et les statuts officiels. Les prouesses militaires et la préparation à la vie après la mort sont les thèmes les plus fréquents. Akhenaton va encore plus loin que son père dans la libéralisation des arts. Sous son règne, les artistes représentent des moments intimes de la vie familiale et des poses plus douces, moins musculeuses, dans des décors naturels. Les femmes y tiennent également un rôle plus important.

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Sur cette stèle en calcaire du Neues Museum de Berlin figure Akhenaton et Néfertiti avec leurs trois filles, sous le dieu soleil Aton. À Amarna, de telles stèles servaient d’autel dans les résidences de l’élite.

RÉVOLUTION DES ARTS

Les proportions et les poses artistiques autrefois très réglementées deviennent plus souples : les artisans peuvent créer des scènes réalistes et gracieuses du monde naturel, et même portraiturer Akhenaton et son épouse, Néfertiti, dans des poses inhabituelles et intimes. Le couple royal est ainsi souvent représenté embrassant et caressant ses filles. Une scène va jusqu’à figurer le roi et la reine s’apprêtant à partager leur couche. La représentation des traits d’Akhenaton semble destinée à impressionner le spectateur : des mâchoires massives, des lèvres tombantes et des yeux étirés d’une ineffable étrangeté.

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À gauche : poses artistiques et architecture traditionnels des temples de l’Égypte antique. Á droite : les mêmes éléments, sous le règne d’Akhenaton.

RÉVOLUTION DE L’ARCHITECTURE

Au lieu de temples fermés dédiés aux divinités locales, Akhenaton souhaite une structure ouverte, exclusivement vouée à Aton, le dieu soleil, et à ses intermédiaires terrestres – le pharaon et sa reine. Dans les temples traditionnels, comme celui de Louqsor, les prêtres pratiquaient des rituels privés dans des sanctuaires obscurs, en l’honneur de plusieurs dieux. À l’inverse, dans les cours intérieures du grand temple d’Aton, le soleil illumine les tables d’offrandes. Les décors muraux illustrent la vie de la famille royale.

Malgré ses tendances obsessionnelles et despotiques, Akhenaton devait être incroyablement créatif. Amarna, la nouvelle capitale qu’il fit construire dans le désert, et les pratiques rituelles autour d’un dieu unique qu’il imposa à son peuple – pourtant très attaché à de multiples dieux – , furent vite rejetées par ses successeurs. Son héritage artistique, lui, a perduré.

Publié dans Histoire

Découverte D’Une Rare Mosaïque Romaine à Chypre

Découverte d’une rare mosaïque romaine à Chypre

L’excavation et la restauration d’une rare mosaïque romaine à Chypre apportent un nouveau regard sur les pratiques culturelles de l’Ancien monde.

Après des années d’excavation à Chypre, des archéologues ont mis au jour une rare mosaïque romaine de pavement vieille d’au moins 2000 ans.

Sur 25 mètres de long, des scènes de courses de char dans un hippodrome romain prennent vie au rythme des chevaux. Les illustrations sont agrémentées d’inscriptions en grec ancien indiquant les noms des chevaux et de leurs cavaliers.

La mosaïque aurait pu faire partie d’une galerie datant du 4e siècle avant Jésus-Christ, dans le cadre d’une villa de maître. Les archéologues s’accordent à dire qu’il s’agit d’une des rares mosaïques de l’antiquité mises au jour dans la région.

D’après Associated Press, un fragment de mosaïque a été découvert en 1938 par un fermier dans le village chypriote d’Akaki, à environ 22 kilomètres de Nicosie, capitale de Chypre.

La mosaïque de pavement a été mise au jour plus tard, sous un sentier longeant un chemin de fer. Les fouilles n’ont elles commencé qu’en 2013, et la mosaïque complète n’a été rendue visible qu’en 2016, avant d’être recouverte par les autorités chypriotes pour la protéger.

Les archéologues ont depuis retiré l’épaisse couche de poussière qui recouvrait la mosaïque avant de commencer le travail de restauration, qui devrait prendre plusieurs années.

La mosaïque est exceptionnelle à plusieurs titres. Elle est l’une des seules de ce type découvertes à Chypre, et d’après Fryni Hadjichristofi, responsable des fouilles sur le site, l’une des neuf mosaïques du monde romain représentant des scènes de courses de chars dans un hippodrome.

« Les hippodromes, comme les cirques romains, sont rarement représentés en mosaïques », a expliqué Fryni Hadjichristofi à Associated Press. « D’habitude, les chevaux sont isolés et les cavaliers peuvent parfois être représentés les chevauchant, mais la représentation de l’hippodrome lui-même et de courses de char est extrêmement rare. »

 

Publié dans Découverte

Zoom Sur L’Artiste Ghanéen NEEQUAYE DREPH DSANE

L’artiste Dreph a réalisé des fresques géantes de femmes noires sur les murs de Londres. Une façon de les rendre plus visibles dans la société.

À travers une série appelée You Are Enough , un artiste ghanéen basé à Londres, rend hommage aux femmes noires. Elles sont activistes, psychothérapeutes, éducatrices ou mères au foyer. Leur but ? Faire avancer et aider la communauté noire.

Pour les honorer et mettre en lumière leur travail, Dreph, de son vrai nom Neequaye Dreph Dsane, peint ces héroïnes de la vie quotidienne sur les murs de Londres. Dans un documentaire diffusé sur Channel 4 News, l’artiste de 43 ans révèle son désir de rendre ces femmes plus visibles dans la société : « Ce projet s’inscrit dans une démarche d’empowerment des femmes. Tous les sujets sont des femmes que je connais. Ce sont des femmes ordinaires qui font des choses extraordinaires dans la communauté. »

Inspirantes mais souvent transparentes, elles sont peu souvent remarquées ou remerciées pour leur action. Dreph explique : « Je ne crois pas que leur histoires sont assez racontées. Et je n’attends personne pour raconter notre histoire. Je la raconte moi-même. Je prends juste mes boîtes, mon échelle, je trouve un mur et je fais mes peintures. »

Découvrez les superbes portraits colorés !

 

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Iman, L’Ascension Fulgurante D’Un Des Tops Models Les plus Influents De Sa Génération

Cette semaine, Kmer Art Design revient sur la carrière fulgurante d’Iman. L’un des tops models les plus influents de sa génération.

Mannequin, actrice et femme d’affaire, Iman – Iman Moha­med Abdul­majid – est aujourd’hui âgée de 62 ans. Toujours active mais loin des podiums, elle continue d’influencer le monde de la mode.

La première femme noire en couverture de Vogue

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Née le 25 juillet 1955 en Somalie dans une famille de diplomate, elle grandit en Égypte puis s’installe au Kenya pour étudier les sciences politiques à l’Université de Nairobi en 1975. Sur le campus, elle ne passe pas inaperçue ! Son 1m78 et sa beauté attirent le regard du photographe américain Peter Beard. Convaincu de son potentiel, il la pousse au mannequinat et l’aide à s’installer à New York.

À 20 ans, Iman est sollicitée de tous les côtés. Un an plus tard, elle connait une ascension fulgurante et signe son premier contrat avec Vogue US. En 1979, Iman décroche la couverture et devient ainsi la première femme noire en Une de la célèbre revue féminine. Sa carrière déjà bien lancée accélère davantage. Son image est associée aux plus grands créateurs tels que Donna Karan, Versace ou encore Calvin Klein. Elle devient leur muse et l’égérie d’Yves Saint Laurent pour sa collection African Queen. Elle travaille avec des photographes connus et reconnus de tous comme Richard Avedon, Irving Penn et Annie Leibovitz, pour ne citer qu’eux tout au long de sa carrière.

En 1992, elle épouse le chanteur David Bowie, décédé en janvier 2016. Deux ans après son mariage, elle est populaire dans le monde entier et tourne le dos au mannequinat après 14 ans de carrière.

Actrice et femme d’affaires prospère

Pas question pour autant de quitter les feux des projecteurs ! Iman s’intéresse au cinéma en 1979 et en 1985, elle apparaît dans le film Out of Africa de Sydney Pollack, aux côtés de Meryl Streep. Elle enchaîne plusieurs séries télévisées dans les années 90 et obtient le rôle de la reine d’Égypte dans le clip Remember the Time de Michael Jackson.

En 1994, elle crée Iman Cosmetics, une marque de maquillage destinée aux femmes noires. Six ans plus tard, elle devient mère une seconde fois. Elle et David Bowie accueillent Alexandria, leur fille, et donnent ainsi une demi-sœur à Zuleka, née de son union avec le sportif Spen­cer Haywood (1978–1987).

Passionnée de mode, elle lance également sa ligne d’accessoires et de vêtements appelée Global Chic en 2007.

En 2010, Iman obtient le prix spécial d’icône de la mode par le Conseil des créateurs de mode américains (Council of Fashion Designers of America) et assoit son identité. Tout comme Katoucha Niane, la muse disparue, Iman est une femme de cœur. Elle est la porte-parole de l’association Keep a child alive program, qui combat le virus du Sida en Afrique

Publié dans Mode

L’Art Des Favelas, Une Formidable Opportunité Pour Nos Villes

Dans une favela de Sao Paulo, au Brésil, le collectif d’artistes urbains Boa Mistura a invité les habitants à colorer leur environnement, tout en y délivrant des messages positifs. Le résultat est étonnant

Boa Mistura est un collectif d’artistes urbains espagnols hétéroclites. Ses membres, au profil très variés – des architectes, des ingénieurs civils, des publicitaires mais aussi des diplômés en relations publiques-, ont pris la décision de travailler ensemble dans les favelas de Sao Paulo.

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De cette initiative est né le projet Participative Urban Art dans la favela Vila Brâsilandia. Un projet qui a laissé un résultat étonnant. Le collectif, qui travaille majoritairement dans l’espace public, a voulu repeindre et faire repeindre, par les habitants de ces quartiers, des morceaux de ces rues sinueuses qu’ils considèrent comme l’articulation de la vie interne de la communauté.

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La résultat est bluffant : à l’aide d’une (très) grande quantité de peinture, ils ont repeint sols et murs de couleurs flashys, du vert au jaune en passant par le bleu turquoise. Ils ont ensuité taggué, en blanc, différents mots comme “beleza” (beauté), “orgulho” (fierté), “doçura” (douceur), “firmeza” (assurance) ou encore “amor” (amour).

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Ces tags ont la particularité d’être anamorphiques. Comprenez, ils ne prennent sens que si on les voit d’un certain endroit. Trop près, vous ne verriez que des traits blancs qui n’ont, a priori, aucune signification ; trop loin, le message sera ratatiné donc illisible.

Le groupe, dont le nom est tiré du portugais “bon mélange” a développé plusieurs travaux de ce genre en Afrique du Sud, en Norvège et ailleurs au Brésil.