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« Black don’t crack », La Prochaine Comédie De Viola Davis

Fidèle ambassadrice de la diversité, Viola Davis va produire une nouvelle comédie sur ABC : « Black don’t crack » !

L’actrice oscarisée et connue pour son rôle dans la série How to Get Away With Murder s’associe à Larry Wilmore (le coproducteur d’Insecure) pour ce projet Black Don’t Crack (BDC), traduisez « Les Noirs ne vieillissent pas ». Cette expression urbaine provient du fait que la peau noire subit moins vite les ravages du temps grâce à la présence de mélanine. Le choix du titre interpelle et laisse présager un casting inattendu ! Un projet qui participera à l’avancement de la diversité sur les écrans.

La série met en scène trois anciennes sœurs de sororité. Après plusieurs années, elles se retrouvent alors que chacune se situe à un carrefour de sa vie. Elles vont être confrontées à des défis, mais grâce à l’amour et l’amitié solides qui les unissent, elles ne baisseront pas les bras.

« BDC est hilarant, réconfortant et attire l’attention sur les femmes qui se cachent à la vue de tous » a déclaré Larry Wilmore dans un communiqué.

On s’attend à des répliques et scènes drôles, et à une réflexion sur le racisme et le féminisme. La date de diffusion et le casting sont encore inconnus. Black Don’t Crack sera la nouvelle série sur le girl power et l’empowerement des femmes noires à regarder… On aime déjà !

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Les Premiers Acteurs Afro-Américains Du Western

Les personnages « afro-américains » sont rarement associés à l’univers du western, ou alors dans des rôles d’esclaves stéréotypés (« AUTANT EN EMPORTE LE VENT »). Pourtant l’Histoire nous apprend que de nombreux cowboys étaient noirs, et le film « GLORY » nous a retracé leur héroïsme pendant la guerre de Sécession.

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partir de la fin des années 50, quelques comédiens sont timidement apparus dans le genre, pour prendre peu à peu une vraie place. Le pionnier est Woody Strode, épaulé par John Ford qui l’a réellement imposé, et dont « LE SERGENT NOIR » est dans toutes les mémoires. Sa présence est encore si inhabituelle que dans « LES PROFESSIONNELS », Ralph Bellamy demande aux trois mercenaires : « Ça ne vous dérange pas de travailler avec un Noir ? ». Nous retraçons par ailleurs sa carrière.

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Sidney Poitier est d’abord apparu en ex-esclave révolté dans « L’ESCLAVE LIBRE », mais a tourné d’autres westerns. Il vend des chevaux à l’armée dans « LA BATAILLE DE LA VALLÉE DU DIABLE », dirige une caravane dans « BUCK ET SON COMPLICE » en tandem avec Harry Belafonte.

Sammy Davis, Jr. apparaît en « guest » dans un épisode de « LAWMAN », joue un des rôles-titre des « 3 SERGENTS », joue du revolver dans deux épisodes de « L’HOMME À LA CARABINE », un garçon d’écurie dans « LES MYSTÈRES DE L’OUEST », un pisteur dans le téléfilm « THE TRACKERS ».

Le footballeur Jim Brown a marqué les années 60 en jouant un ex-sergent dans « RIO CONCHOS », un shérif dans « 100 FUSILS », un voleur dans « EL CONDOR », où il rencontre Lee Van Cleef avec lequel il tournera encore deux westerns : « LA CHEVAUCHÉE TERRIBLE » et « KID VENGEANCE ».

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L’excellentissime Morgan Freeman apparaît en sergent dans « GLORY » et en vieux pistolero martyrisé dans « IMPITOYABLE », et il prête sa voix au documentaire « THE CIVIL WAR ». Danny Glover lui, joue un vengeur dans « SILVERADO », un ex-soldat devenu cowboy dans la minisérie « LONESOME DOVE », il fait une apparition clin d’œil dans « MAVERICK », joue un sergent dans « BUFFALO SOLDIERS » à la télé.
Sans oublier « LA REVANCHE DE JESSIE LEE », dont l’essentiel du casting est composé d’acteurs noirs, du réalisateur Mario Van Peebles à Woody Strode, en passant par Pam Grier.
Ossie Davis pique la vedette à Burt Lancaster, en jouant un escroc lettré dans « LES CHASSEURS DE SCALPS », Will Smith a repris le rôle de James T. West dans le navrant « WILD WILD WEST », Bernie Casey se confronte à un Sudiste raciste avant de fraterniser avec lui dans « LES COLTS DES 7 MERCENAIRES », et Mel Brooks jette Cleavon Little, un pauvre « black » en pâture aux racistes, dans « LE SHÉRIF EST EN PRISON ». À la TV, Otis Young est un chasseur de primes dans « LES BANNIS », Raymond Saint-Jacques un vacher dans la dernière saison de « RAWHIDE ».

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« Un Prince À New York », Bientôt La Suite

Presque 30 ans après sa sortie, le film culte Un Prince à New York avec Eddie Murphy devrait avoir une suite rapporte le site Variety.
Lors de sa sortie en 1988, Un Prince A New York de John Landis avec Eddie Murphy en héros comique a été un véritable succès au box office américain. Depuis, à l’étranger et notamment en France, le film est devenu une valeur sûre des plannings de rediffusion des chaînes de télé lors des périodes de fêtes. A tel point qu’il a désormais un statut de film culte et a même de nombreuses références ancrées dans la pop culture.

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Une suite avec Eddie Murphy

Si hier, le côté humoristique du film qui consistait en grande partie à se moquer de l’Afrique et des Africains de manière grossière était apprécié, aujourd’hui on ne peut que grincer des dents en pensant aux accents, au royaume de Zamunda créé de toute pièce et bien d’autres gags plutôt gênants.
C’est donc avec beaucoup d’étonnement que l’on apprend qu’une suite du film est en préparation… 30 ans après ! Les rumeurs circulaient depuis quelques mois et elles ont été confirmées par de nombreuses sources sérieuses dont Variety et The Hollywood Reporter. Cette fois-ci, le film sera réalisé par Jonathan Levine et écrit par Kenya Barris, scénariste de la série Black-Ish. Eddie Murphy, reprendrait quant à lui le rôle du Prince Akeem, qui, dans la version originale, fuyait un mariage arrangé et débarquait aux Etats-Unis à la recherche du grand amour.

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Jamie Foxx Interpretera Mike Tyson À L’Écran

D’après les déclarations de l’ancien champion de boxe, Jamie Foxx devrait très prochainement enfiler les gants pour un biopic qui s’annonce épique.
Jamie Foxx qui joue Mike Tyson à l’écran, l’annonce peut avoir l’effet d’un crochet du droit pour les amateurs de boxe et du cinéma. Vaguement évoqué jusqu’à présent, le projet pourrait enfin voir le jour.

C’est l’ancien champion du monde poids lourd qui vient de lâcher la bombe. Dans une interview accordée au site The Jasmine Brand, Tyson déclare à propos du film à venir : « Jamie Foxx a signé. Le tournage n’a pas encore commencé mais ça ne devrait tarder ».
L’acteur américain, oscarisé pour son interprétation de Ray Charles dans le biopic de Ray, serait partant pour incarner une autre légende.
Scorsese à la réalisation ?

Et pour porter à l’écran la carrière de Mike Tyson, on cite le nom d’un autre poids lourd : Martin Scorsese. A en croire cette fois les propos de Jamie Foxx ; le réalisateur serait intéressé pour diriger ce projet ambitieux.
En janvier dernier Foxx avançait même que l’auteur de Taxis Driver était déjà « associé » à ce film. A 74 ans Martin Scorsese ne semble donc pas prêt à raccrocher les gants.

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Tomb Raider, Une Nouvelle Adaptation Du Jeu Vidéo, Interpretée Par l’Athlétique Alicia Vikander

Réalisée par le Norvégien Roar Uthaug (The Wave), Tomb Raider, nouvelle adaptation du jeu vidéo culte, est emmenée par l’athlétique Alicia Vikander. En effet, la jeune comédienne suédoise semble affûtée comme jamais dans la peau de Lara Croft, enchaînant les cascades et les morceaux de bravoure avec dextérité et souplesse. On imagine qu’elle a dû subir un entraînement intensif pour parvenir à être à la hauteur des exigences physiques du rôle. Lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 2016 pour sa performance dans Danish Girl, Alicia Vikander évolue dans des décors variés et réalistes, laissant penser que Roar Uthaug a préféré délaisser les fonds verts pour privilégier l’authenticité.

 

Tomb Raider : qui est Roar Uthaug, le réalisateur choisi pour mettre en scène les nouvelles aventures de Lara Croft ?

Lara Croft, 21 ans, n’a ni projet, ni ambition : elle se contente de sillonner en moto l’East End de Londres où son boulot de coursier lui permet à peine de payer son loyer. Et même si elle est inscrite à la fac, elle va rarement en cours. Fille d’un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l’empire de son père. Convaincue qu’il n’est pas mort, elle se décide un jour, sur un coup de tête, à résoudre l’énigme de sa disparition.

Tournant le dos à sa vie londonienne, Lara met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux : armée de son seul courage, elle apprend à repousser ses propres limites et plonge alors dans l’inconnu. Les enjeux sont désormais considérables pour la jeune femme. Car si elle survit, elle pourra alors prétendre au titre de « Tomb Raider ».

Walton Goggins (The Shield, Les Huit Salopards) et Daniel Wu (Into the Badlands) complètent la distribution de cette origin story consacrée à cette célèbre héroïne incarnée auparavant à deux reprises par Angelina Jolie. L’aventure commence en salles le 14 mars 2018.

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The Commuter Bande Annonce

Dans The Commuter, Liam Neeson interprète Michael, un vendeur d’assurance impliqué dans une conspiration criminelle. Alors qu’il prend comme à son habitude un train qui l’emmène en direction de New York, Michael voit son quotidien perturbé par l’arrivée d’une étrange femme, interprétée par Vera Farmiga. Elle lui demande de résoudre une énigme et de trouver l’identité d’un passager caché dans le train. Ce qui commence par un jeu psychologique inoffensif deviendra rapidement un danger mortel pour Michael qui doit résoudre le mystère avant le dernier arrêt.

Ce sera la quatrième fois que Jaume Collet-Serra et Liam Neeson travaillent ensemble après Sans identité (2011), Non-Stop (2014) et Night Run (2015).
« C’est la première fois qu’il va jouer juste un gars normal dans mes films », déclare Jaume Collet-Serra à Entertainment Weekly. Et il ajoute « nous aimons simplement raconter les mêmes histoires. Évidemment, lui et moi faisons d’autres films, mais nous aimons avoir un film de temps en temps où nous nous retrouvons pour faire ce que nous aimons. Et justement ce qu’on aime, c’est faire un thriller, rapide, avec quelque chose d’Hitchcockien, avec de bons acteurs et un bon scénario. C’est comme un petit puzzle que le spectateur va devoir résoudre, et Liam et moi aimons faire ce genre de films ensemble ».

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Nollywood, Deuxième Puissance Cinématographique Au Monde

Le Nigeria peut se targuer de détenir la deuxième industrie cinématographique au monde. Son influence culturelle s’est largement étendue en dehors des frontières de l’Afrique. Cette déferlante a vu le jour grâce à l’arrivée des caméscopes et à l’hyperactivité d’apprentis cinéastes. Aujourd’hui, des superproductions de plusieurs millions de dollars sont à l’affiche et les réalisateurs nigérians commencent à investir les tapis rouges des festivals internationaux.

Au Nigéria, le cinéma est devenue l’activité nationale par excellence. Avec plus de 2 000 longs-métrages par an, le pays est devenu le deuxième producteur de films au monde, derrière Bollywood (Inde) et devant Hollywood (États-Unis). Son industrie, appelée « Nollywood », représente 2% du PIB et emploie environ un million de personnes.

Après avoir connu un âge d’or entre les années 50 et les années 70, le cinéma nigérian s’était progressivement assoupi. A la fin des années 80, la plupart des salles obscures avaient fermé. Les films n’étaient plus diffusés que sur un seul canal télévisé. Sa résurrection s’est opérée grâce à la commercialisation des caméscopes et la possibilité de dupliquer les films sur VHS. N’importe qui pouvait tourner un film lui-même, en quelques jours, pour un budget de quelques milliers de dollars.

Ces apprentis réalisteurs, ainsi que les producteurs historiques, se mirent à tourner frénétiquement et à sortir leurs films directement en vidéo, pour le plus grand bonheur des Nigérians à même de les regarder à la maison. Leurs films, souvent des comédies ou des drames, abordent le quotidien des Nigérians : histoires d’amour, de trahison, de belles mères, de banditisme, d’émigration des campagnes vers la ville, de traditions, de religion, de rituels… Un cinéma low-cost qui s’est exporté sur tout le continent et même au-delà, où se trouve la diaspora nigériane.

Des productrices influentes

Après des années d’amateurisme, le cinéma nigérian arrive à maturité. Les moyens technologiques ont fait un bond en avant et les cinéastes sont mieux formés. Aujourd’hui, la nécessité de produire de la qualité se fait sentir. Les ambitions des nouveaux réalisateurs les conduisent hors des frontières africaines. Un des réalisateurs phares du Nigeria, Kunle Afolayan, a gagné de nombreux prix internationaux avec ses films « Figurine » et « October 1 ».

Quant aux budgets, ils progressent à la hausse. En témoigne « Half of a yellow sun », de Biyi Bandele, tourné en 2013 : avec un budget de 9 millions de dollars, c’est le film nigérain le plus cher à ce jour. Désormais, les réalisateurs visent la sortie en salle et un public international. Parallèlement, la VOD permet de mieux distribuer les fims et de réinjecter l’argent dans la production. Le secteur, florissant, attire de nombreux jeunes passionnés et ambitieux, et en particulier les femmes. De nombreuses productrices et réalisatrices de renom tiennent aujourd’hui le haut du pavé à Lagos. Le secteur, plus professionnalisé, est aujourd’hui célébré par un des plus gros festivals de cinéma d’Afrique, l’Affrif, fondé au Nigéria par la femme d’affaires et productrice Chioma Ude.

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« RUN » Le Premier Long Métrage Du Jeune Cinéaste Philippe Lacôte

Un film pour ressusciter ‘‘le microbe ZAMA », tué à Attécoubé Grâce au FONSIC, un fonds de l’Etat de Côte division, destiné à soutenir la création cinématographique, ‘‘ZAMA », le fameux microbe d’Attecoubé, est ressuscité. C’est une œuvre cinématographique qui soulève la question des ‘‘microbes’’ ou selon la littérature officielle, les enfants en difficultés avec la loi. Cette production intéresse au plus haut niveau l’État de Côte d’Ivoire qui y participe à hauteur de 300 000 euros, soit environ 197 millions F CFA, via le FONSIC, le fonds de soutien au cinéma. C’est un long métrage, le premier du jeune cinéaste Philippe Lacôte et s’intitule ‘‘RUN’’.

Le synopsis est l’image de RUN qui s’enfuit… Il vient de tuer le Premier ministre de son pays. Pour cela il a dû prendre le visage et les vêtements d’un fou, errant à travers la ville. Sa vie lui revient par flashes ; son enfance avec maître Tourou quand il rêvait de devenir faiseur de pluie, ses aventures avec Gladys, la mangeuse et son passé de milicien en tant que Jeune Patriote, au cœur du conflit politique et militaire en Côte d’Ivoire. Toutes ses vies, Run ne les a pas choisies. À chaque fois, il s’est laissé happer par elles, en fuyant une vie précédente. C’est pour ça qu’il s’appelle Run. On pourrait dire le ‘‘Fugitif’’.

C’est tout l’air d’un récit initiatique d’un parcours fait de violences répétées. Chaque épisode comporte ses éclats de sang, de coups de feu et de jets de cailloux. Le réalisme et le mystique se mêlent naturellement. On rêve d’une étrange procession funéraire, on assiste à un rituel de décapitation, on prie la lune et la pluie, et des éléphants peuvent apparaître aux endroits les plus improbables. Présent lors du dernier Festival de Cannes, où le film était présenté dans la section « Un certain regard », ‘‘RUN’’ est le reflet des 10 années de crise qui ont agité la Côte d’Ivoire… jusqu’en 2011.

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Le Cinéma Africain

L’expression « cinéma africain » désigne les films et la production cinématographique associés aux pays d’Afrique du Nord, d’Afrique noire francophone et d’Afrique noire non francophone.

Même si une industrie du cinéma existe depuis le début du XXe siècle en Afrique du Sud et que des expériences locales ont été tentées en Tunisie dès les années 1920, les cinémas africains sont relativement jeunes puisqu’ils ont commencé à être produits à partir de la décolonisation et des indépendances (années 1950 et surtout 1960).

L’Afrique vue par Jean Rouch, Pier Paolo Pasolini et l’occident.

C’est par l’ethnologue cinéaste Jean Rouch que l’on commence à connaître l’Afrique au cinéma. De 1946 à 1951, Jean Rouch mène trois expéditions dont la première est désormais légendaire. Avec ses amis Ponty et Sauvy, il descendit en pirogue, de la source à la mer, les 4 184 kilomètres du fleuve Niger, un exploit que nul n’avait jamais tenté avant lui. De ce voyage, il revint avec un premier film, Au pays des mages noirs. De son deuxième voyage vers les Songhay, en 1948, Rouch ramena trois autres films dont Initiation à la danse des possédés, enregistré avec sa célèbre caméra Bell & Howell à ressort et le renfort de ses amis nigériens Damouré Zika et Lam Ibrahim Dia. En 1950, se rendant en voisin au pays dogon, il tourne Cimetières dans la falaise sur les indications et un texte de son professeur, Marcel Griaule. Ces premiers courts métrage au Niger, au Soudan et au Ghana, sont une approche documentaire de faits sociaux précis. Jean Rouch réalise son premier coup d’éclat avec Les Maîtres fous (1954), qui met en scène les rites de possession au Niger, dans la secte des Haoukas. Rouch y invente, sous les auspices de Vertov et Flaherty, ce qu’il nomme la « ciné-transe », une manière de filmer caméra à l’épaule en participant aux événements filmés, une manière d’affirmer surtout que le cinéma est avant toute chose une affaire de regard, de subjectivité partagée, d’empathie et d’engagement. Ses collègues ethnographes, qui récusent cette subjectivité, et certains jeunes intellectuels africains, qui lui reprochent de regarder les Africains « comme des insectes » n’apprécient guère.

Jean Rouch innove avec Moi, un noir (1958), La pyramide humaine (1959), La Chasse au lion à l’arc (1965), Jaguar (1967), Petit à petit (1970), Cocorico ! monsieur Poulet (1974) en introduisant des éléments de fiction dans le contexte documentaire. Ces films font la part belle à l’idée d’anthropologie partagée, qui le conduit à improviser et à mettre en scène, avec le concours de ses personnages, les récits en question. Gilles Deleuze, en fera ainsi dans L’Image-temps un cinéaste majeur des puissances du faux.

Pasolini choisit un pays socialiste et anglophone, la Tanzanie, pour y tourner Carnets de notes pour une Orestie africaine. Il y déclare « La raison essentielle et profonde de situer l’Orestie dans l’Afrique d’aujourd’hui est que je reconnais des analogies entre la situation de l’Orestie et l’Afrique d’aujourd’hui surtout du point de vue de la transformation des Erinyes en Euménides. Il me semble que la civilisation tribale africaine ressemble à la civilisation archaïque grecque. Lorsque Oreste découvre la démocratie et qu’il la répand chez lui, on peut penser à la démocratisation de l’Afrique ».

Dans le film, il projette ses rushes dans un cinéma de Rome pour des étudiants africains auxquels il demande si le film convient à l’Afrique de 1970, ou s’il serait plus juste de le situer dans une époque antérieure, celle de l’Afrique de 1960 à l’époque où les Etats africains ont conquis l’indépendance. Un premier étudiant répond consciencieusement qu’il faudrait le situer dans les années 60 car, aujourd’hui, l’Afrique se modernise et ressemble à l’Europe. « L’Afrique n’est pas une nation, c’est un continent, s’insurge tranquillement un étudiant éthiopien. Il ne faut pas généraliser en parlant de l’Afrique. Elle va de la Méditerranée jusqu’à l’extrême pointe, de l’océan atlantique à l’océan indien. Le mot Afrique ne veut rien dire ». Un étudiant francophone reproche à Pasolini d’insister sur le tribalisme qui a toujours permis au colonisateur de justifier de tous ses méfaits. Il vaudrait encore mieux parler de race que de tribus et mieux de nations. Quand on parle de la France, on ne parle pas des bretons. Si, le tribalisme existe, insiste pourtant Pasolini. La réalité des nations, celle du Nigeria ou du Congo est fausse, créée par les patrons européens. A la remarque d’un étudiant qui lui fait remarquer que la démocratie n’existe pas encore en Afrique, il répond que c’est comme dans la tragédie où le tribunal instauré par Athéna n’est encore que formel, c’est aux hommes réels de le faire fonctionner. Les étudiants restent sceptiques face à une réelle possibilité de démocratie aujourd’hui. Le temps des illusions, celui des années 50-60 est passé.

Le cinéma contemporain qui ausculte l’Afrique au quotidien fait le même constat d’une difficulté à instaurer un développement durable ainsi en Afrique : Comment ça va avec la douleur ? (Raymond Depardon, 1996), ABC Africa (Abbas Kiarostami, 2001), Hotel Rwanda (Terry George, 2004), Le dernier roi d’Écosse (Kevin Macdonald, 2006), Le jour où Dieu est parti en voyage (Philippe Van Leeuw, 2009), La quadrature du cercle (Philippe Worms, 2009).

L’Afrique reste un grand réservoir de romanesque comme le prouvent Coup de torchon (Bertrand Tavernier, 1981), Greystoke, la légende de Tarzan (Hugh Hudson, 1984), Out of Africa (Sydney Pollack, 1985), Allan Quatermain et les Mines du roi Salomon (J. Lee Thompson, 1986), Chocolat (Claire Denis, 1988) Chasseur blanc, coeur noir (Clint Eastwood, 1990), Amistad (Steven Spielberg, 1997), Lord of War (Andrew Niccol, 2005), The Constant Gardener (Fernando Meirelles, 2005), Invictus (Clint Eastwood, 2009), White Material (Claire Denis, 2010).

Le FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou) crée au Burkina Faso en 1969 favorise aussi l’idée qu’il existe bien un cinéma africain avec des caractéristiques communes.

Le cinéma d’Afrique du Nord : Algérie, Maroc, Tunisie Egypte

En dépit d’une industrie pérenne, rares sont les cinéastes dont la renommée a dépassé les frontières de ces pays excepté Youssef Chahine.

Le cinéma d’Afrique noire francophone

En ce qui concerne l’Afrique noire francophone, le pionnier en est le Sénégalais (béninois de naissance) Paulin Soumanou Vieyra, également premier historien des cinémas africains. D’abord écrivain, son compatriote Ousmane Sembène, donne l’exemple d’une production africaine engagée et n’hésite pas à utiliser les langues vernaculaires ainsi dans Moolaadé (2006).

Les Maliens Souleymane Cissé (Yeelen 1987) et Abderrahmane Sissako : La vie sur terre (1998), En attendant le bonheur (2001) et Bamako (2006) et le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun (Darratt saison sèche , Un homem quic rie. Les autres pays actifs sont le Niger (avec Oumarou Ganda), la Côte d’Ivoire, le Cameroun, et le Burkina Faso avec Idrissa Ouedraogo et la création dès 1969 du FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou).

Dans la grande majorité des cas, les cinémas africains les plus intéressants restent dépendants des aides extérieures puisque, à l’exception de l’Afrique du Nord, les conditions économiques sont rarement réunies pour qu’une vraie industrie puisse exister. Beaucoup de réalisateurs africains conduisent leur carrière depuis l’étranger, résidant en France, en Belgique ou ailleurs.

Lors des Festivals de Cannes seules deux récompenses ont été attribuées à des films africains : les prix du jury 1987 et 2010 pour Yeelen et Un homme qui crie.

Le cinéma d’Afrique noire non francophone

La production des pays anglophones est quantitativement la plus importante, essentiellement à travers l’Afrique du Sud et le Nigéria, même si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous et que les industries en place ne sont pas dans la logique cinéma d’auteur» des pays africains francophones, lesquels ont bénéficié de plus de reconnaissance au sein des réseaux du cinéma indépendant à travers le monde. Après la chute de l’apartheid en Afrique du Sud et l’explosion du film vidéo au Nigéria, c’est également la réception des cinémas africains à travers le monde qui est en train de changer.

Des cinémas sont également apparus et se sont développés en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau un cinéma lusophone, assez proche des cinémas d’Amérique latine et notamment de Cuba, mais l’histoire mouvementée de ces pays n’a pas facilité l’essor d’une industrie cinématographique. Ces dernières années, avec l’émergence de la vidéo, et en particulier de la vidéo numérique (qui permet des tournages plus légers et économiques), on assiste dans un certain nombre de pays à l’émergence de cinéastes vivant et travaillant dans leur pays d’origine.

C’est notamment le cas au Nigéria. Le cinéma nigérian est considéré comme le troisième mondial selon la quantité de films produits selon The Sunday Telegraph. Les films produits par l’industrie cinématographique nationale (connue sous le nom de Nollywood) sont tournés en quinze jours et coûtent en moyenne 11 000 euros. En l’absence d’un réseau de salle de cinéma, les films sont ensuite distribués directement en vidéo (3 euros le DVD).

 

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Issa Rae À l’Affiche Du Film « The Hate U Give »

Fini le petit écran, elle passe dans la cour des grands. L’actrice Issa Rae est à l’affiche du film « The Hate U Give » aux côté d’Amandla Stenberg.

Rien ne l’arrête ! D’après le magazine Variety, Issa Rae incarnera April dans le drame The Hate U Give. Adapté du roman de Angie Thomas, ce film raconte l’histoire d’une jeune fille noire de 16 ans appelée Starr Carter, jouée par Amandla Stenberg.

L’adolescente va voir sa vie transformée suite à la mort tragique de son meilleur ami Khalil, non armé et abattu par un policier devant ses yeux. Partagée entre l’idéologie de l’univers huppé de son école préparatoire et les opinions du monde beaucoup plus modeste d’où elle vient, Starr va chercher la vérité. Elle sera accompagnée par une Issa Rae activiste qui va l’aider à trouver sa voie. On retrouvera également au casting Reginal Hall, vue récemment dans le gros succès Girls Trip, dans le rôle de la mère d’Amandla.

The Hate U Give est inspiré du mouvement Black Lives Matter et se focalisera sur les violences policières. La date de sortie du film n’est pas encore connue, mais une chose est certaine : Issa Rae et Amandla Stenberg sont un duo gagnant. Toutes les deux, connues pour leur activisme et leur talent indéniable, sauront donner à ce film la dimension qu’il lui faut.

Issa Rae au top !

Tout roule pour Issa Rae ! Alors qu’elle vient d’être récompensée au Black Girls Rock 2017 et que la saison 2 de sa série Insecure est un succès, HBO vient de la renouveler pour une troisième saison ! Les aventures de Issa et Molly, deux femmes africaines-américaines trentenaires, séduisent toujours plus.